resistance dans l'empire colonial francais

Publié le par nc

A la suite de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, plusieurs colonies françaises et un territoire sous-mandat se placèrent rapidement sous son autorité : Inde Française en Asie, Nouvelles-Hébrides, puis Océanie, Nouvelle Calédonie et Wallis et Futuna, dans le Pacifique, Tchad, Cameroun, Oubangui en Afrique.

 Après l'échec d'une tentative de ralliement de l'Afrique occidentale en octobre 1940, les patriotes d'Afrique Equatoriale Française, épaulés par les Forces françaises libres libérèrent le Gabon.
Par la suite, les Forces Navales Françaises libres de l'Amiral Muselier libérèrent Saint-Pierre et Miquelon, malgré une vive opposition du gouvernement américain.
les Britanniques et les Français libres s'emparèrent de la Syrie et du Liban qui passèrent ensuite avec difficulté sous le contrôle de la France libre.

Peu après le débarquement allié en Afrique du nord, Churchill, qui fait débarquer ses forces à Madagascar remit l’ile à la France libre. Les Forces françaises libres rallièrent par la même occasion l'ile de La Réunion et la Cote Française des Somalis.
L'une des actions les plus significatives de la Résistance française extérieure, par ses circonstances et par ses effets, a eu lieu le 8 novembre 1942 à Alger, permettant le succès de l'Opération Torch, le débarquement allié en Afrique du Nord :
Selon les accords passés secrètement à Cherchell, le 23 octobre 1942, entre la Résistance algéroise et le commandement allié, 400 résistants mal armés, dont les deux tiers était juifs, neutralisent à eux seuls, le 8 novembre 1942, les batteries côtières de Cherchell, ainsi que le XIXe corps d'armée d'Alger pendant une quinzaine d'heures. Et réussirent à arrêter le général Juin, commandant en chef, ainsi que l'Amiral Darlan, inopinément présent à Alger cette nuit là.

C'est grâce à ces patriotes français, qui empêchèrent d'abord la garnison vichyste de se mobiliser, puis concentrèrent sur eux la répression, que les forces alliées purent débarquer sans opposition, encercler Alger et en obtenir la reddition le jour même.
En revanche, à Oran et au Maroc, où d'autres résistants avaient échoué, les forces de Vichy livrèrent un combat sanglant aux Américano-britanniques, et les tinrent en échec pendant trois jours. Elles ne cessèrent le feu que le 10 novembre, sur l'ordre de leurs supérieurs Darlan et Juin, prisonniers des alliés: Ces derniers, après avoir d'abord refusé d'ordonner le cessez le feu à Oran et au Maroc
Or, à l'heure où les généraux de Vichy tiraient sur les alliés à Oran et au Maroc, ils livrèrent la Tunisie intact à de faibles forces allemandes sans un seul coup de feu.
si donc la Résistance n'avait pas réussi à paralyser Alger, par son putsch du 8 novembre 1942, le débarquement allié y aurait été repoussé comme au Maroc, et les Allemands au lieu de se contenter d'occuper la Tunisie, auraient pu accourir au Maroc et occuper toute l'Afrique du Nord. Quant à l'armée d'Afrique elle serait bien rentrée en guerre, mais dans le mauvais camp.
Rarement un acte de Résistance aura eu un tel impact. Pourtant cet événement a été largement occulté, car il était douloureux pour les généraux de Vichy et leurs admirateurs d'après-guerre d'admettre que l'une des grandes victoires de la guerre a été gagnée par des civils qui arrêtèrent des généraux au bon moment et au bon endroit.
Si le succés du débarquement allié en Afrique du nord a constitué le tournant de la guerre, il ne constituait pas pour autant un vraie libération, puisque les autorités alliées ont traité avec l'Amiral collaborateur Darlan, auxquels ils ont laissé le pouvoir en Afrique du Nord, en échange de la rentrée en guerre contre les Allemands des forces vichystes.

 Darlan a maintenu le régime de Vichy dans le camp allié avec toutes ses lois oppressives et racistes, et maintenus tous les résistants condamnés par Vichy dans les terribles camps de concentration du sud. Les anciens volontaires du 8 novembre 1942 et les patriotes locaux organisèrent alors une résistance de plus en plus forte pour obtenir le retour aux lois démocratiques et la libération des patriotes toujours internés. Darlan, obstacle au retour à la liberté, fût abattu par le jeune résistant Fernand Bonnier de la Chapelle. Le général Giraud qui succéda à Darlan était un bon Français et non un collaborateur. Mais en même temps, il était un admirateur du Maréchal Pétain et de son régime antidémocratique. Aussi fit-il tout pour maintenir le régime vichyste en Afrique du Nord libérée, avec l'aide des généraux qui avaient fait tirer sur les alliés, et inaugura son pouvoir en faisant exécuter le jeune Bonnier de La Chapelle et arrêter les chefs de la résistance algéroise qui avaient permis le succés du débarquement allié.

Publié dans le 20 eme siecle

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