poche de falaise

Publié le par nc

L'échec de la contre- attaque allemande sur Mortain crée une poche autour de la ville de Falaise, dont les bords sont distants de 34 km d'est en ouest. Le 12 août, deux groupes d'armées alliés progressent vers la poche, l'un par le nord (Ire armée canadienne au nord de Falaise ; IIe armée britannique au nord-est de Vire), l'autre par le sud (Ire armée US en direction de Mortain et IIIe armée US au sud d'Argentan). Leur objectif est d'encercler les Allemands et de faire s'effondrer d'un coup toute la résistance ennemie en Normandie, en anéantissant neuf des onze divisions de Panzer à l'ouest. Les Alliés disposent d'une totale maîtrise de l'air

Le gros de la VIIe armée se trouve encore à l'ouest de l'Orne, von Kluge ayant simplement donné l'ordre de repli au 2e corps de Panzer. A un moment crucial de la bataille, Hitler décide de remplacer von Kluge par Model, qu'il rappelle du front russe.
Dans la nuit du 15 au 16, von Kluge demande au haut commandement en Prusse-Orientale de retirer toutes les troupes allemandes stationnant encore dans la poche. la réponse n'intervient que le lendemain matin ; la VIIe armée reçoit l'ordre de se rétablir sur la rive est de l'Orne, afin d'organiser une nouvelle ligne de défense.
Le 16,les Canadiens parviennent à pénétrer dans Falaise.
Le 17, le 5e corps américain relève les divisions de la IIIe armée US de Patton dans la région d'Argentan, puis prépare une offensive vers le nord, sur l'axe Trun-Chambois, afin d'opérer leur jonction avec le 2e corps canadien. La 4e division blindée canadienne et la 1re division blindée polonaise percent le dispositif allemand au-delà de la Dives, près de Morteaux-Couliboeuf, et se dirigent ensuite vers le sud-est. Leur objectif est de s'emparer de Trun et de Chambois dans les plus courts délais, puis d'établir des positions défensives le long de la Dives et sur les hauteurs qui la bordent au nord.

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Dans la soirée, les blindés canadiens et polonais sont à 3 km de leur objectif. Les Américains se sont emparés de Bourg-Saint-Léonard : la poche de Falaise n'a donc plus que 9 km de large à cet endroit.
Lorsque Model arrive sur place, il est confronté à une situation désespérée. Les restes de la VIIe armée, les rescapés de diverses unités et autres égarés, soit 100 000 hommes sous les ordres du général SS Hausser, sont enfermés dans un rectangle de 30 km sur 15 km. Ces troupes allemandes subissent un bombardement continu et les effectifs fondent. Les seules voies de repli qui demeurent ouvertes sont celles passant par Chambois et Saint-Lambert ; elles sont battues par le feu destructeur de l'artillerie et des chasseurs-bombardiers alliés.

Sans demander l'avis de Hitler, Model ordonne à Hausser de quitter les rives de l'Orne et d'établir un nouveau dispositif défensif le long de la Dives. Hausser doit pour cela contre-attaquer les Canadiens et les refouler en direction de Morteaux-Couliboeuf ; le 2e corps de Panzer SS est chargé d'attaquer par l'est et de couper l'axe de progression allié qui s'avance jusqu'à Trun.
La bataille dure toute la journée du 18, mais les Allemands ne parviennent pas à chasser les chars polonais de la crête au nord de Chambois. Le passage resté ouvert permet cependant à des milliers de soldats allemands de s'échapper de la poche par la route de Chambois-Vimoutiers, toujours sous le feu continu de l'aviation d'attaque au sol alliée. Les Canadiens s'emparent de Trun et progressent dans la vallée de la Dives. Au soir du 18, ils sont à 3 km au nord-ouest de Chambois. Le sud de cette localité est tenu par la 90e division US et la 2e DB française.Le 19, toutes les voies carrossables sont totalement bloquée. Le soir, les Américains et les Français opèrent leur jonction avec les Polonais à Chambois : la poche vient de se refermer. Hausser sent que si rien n'est immédiatement tenté, il sera impossible à ses troupes de s'échapper. Il rassemble les restes de ses cinq divisions de Panzer et leur donne dans la nuit l'ordre de percer le mince cordon allié au nord-est ; l'infanterie suivra et se frayera un passage en combattant.

 A l'aube du 20, l'attaque de la dernière chance s'enlise devant Trun et Chambois. les chars ne peuvent avancer dans l'obscurité parmi toutes les épaves. Des éléments de la 2e Panzer parviennent pourtant sur la rive est de la Dives et franchissent les lignes canadiennes.

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Une route, dans la partie sud de Saint-Lambert, demeure aux mains des Allemands pendant six heures. Malgré de violentes contre-attaques, ils ne peuvent reprendre cette localité. Les blindés réussissent à traverser la rivière, mais les convois hippomobiles n'ont pas cette chance : l'artillerie alliée fait un carnage (on dénombrera 1 800 cadavres de chevaux dans la poche après le 22 août). A la nuit, cette porte de sortie vers l'est se referme définitivement. Hausser, bien que blessé, a réussi à s'échapper ; même chose pour Meindl et Meyer (respectivement chefs du 2e corps de parachutistes et de la 12e SS PzD). Finalement, un seul des cinq commandants de corps d'armée allemands sera capturé à la fin de la bataille, le général Elfeldt. La journée s'achève par la chute d'Argentan.

 Le lendemain, le 2e corps Panzer SS attaque une nouvelle fois la crête de Chambois pour repousser les Polonais et ouvrir une brèche pour les troupes encore enfermées dans la poche. Isolés, les Polonais reçoivent des munitions par air et s'accrochent au terrain. Un ordre de retraite de Model sauve la situation : les blindés allemands doivent se hâter de se replier vers Paris, car les Américains viennent de franchir la Seine, en amont et en aval de la capitale.

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 Malgré la lenteur avérée du général Montgomery pour réaliser l'encerclement des forces allemandes - ce qui leur a procuré un délai certain pour s'échapper  la poche de Falaise aura coûté cher aux Allemands qui comptents 50 000 prisonniers et près de 10 000 tués. Si l'on ajoute à ce bilan les pertes subies depuis le 6 juin, on obtient un total de 230 000, soit plus qu'en février 1943 à Stalingrad (220 000). Sur le plan matériel, près de 9 000 véhicules ont été détruits. Environ 200 des blindés qui avaient échappé à la destruction purent repasser la Seine. La ville de Falaise, qui a été défendue par la fanatique 12e SS Panzer Division, a été détruite à 85 %.




Publié dans le 20 eme siecle

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