la campagne de russie

Publié le par nc

En Juin 1812, la Grande Armée forte de 691 500 hommes, la plus grande armée européenne jamais rassemblée, franchit la rivière Niémen pour se diriger vers Moscou.
-un corps d'armée principal de 250 000 hommes sous le commandement personnel de l’Empereur.
-Deux autres corps d'armée sous les ordres d'Eugène de Beauharnais (80 000 hommes) et Jérôme Bonaparte (70 000 hommes).
-Deux corps d'armée commandés par Macdonald (32 500 hommes) et Karl Schwarzenberg (34 000 Autrichiens).
-Une armée de réserve de 225 000 hommes.

À cela s'ajoutent 80 000 Gardes nationaux  pour défendre la frontière impériale du duché de Varsovie. En comptant ceux-ci, l'effectif total des forces impériales françaises sur la frontière russe et en Russie atteint environ 771 500 hommes.il y a aussi  300 000 Français supplémentaires se battant dans la péninsule ibérique et  plus de 200 000 hommes en Allemagne et en Italie.Chaque nationalité de l' empire napoléonien était représentée.

l'armée russe qui lui fait face est moins nombreuse, du moins au début de la campagne. Environ 280 000 Russes étaient déployés sur la frontière polonaise . Au total, l'armée russe compte environ 500 000 hommes au début de la guerre. Ceux-ci se répartissent en trois armées :

  • la Première armée de l'ouest , de quelques 159 800 hommes,
  • la Deuxième armée de l'ouest , de 62 000 hommes,
  • la Troisième armée de l'ouest , de quelque 58 200 hommes.

Deux corps de réserves, un de 65 000 hommes et un autre de de 47 000 hommes soutiennent ces trois armées. D'après ces chiffres, l'armée russe qui fait immédiatement face à Napoléon compte quelques 392 000 hommes. De plus, la paix est assurée avec la Suède et l'Empire ottoman pour Saint-Pétersbourg, ce qui libère plus de 100 000 hommes. Des efforts sont fait pour grossir les armées russes et en septembre l'effectif est amené à environ 900 000, sans compter les unités cosaques irrégulières, qui apportent probablement 70 000 ou 80 000 hommes au total.

L'invasion commence le 23 juin 1812. Napoléon avait envoyé une dernière offre de paix à Saint-Petersbourg peu avant d'entamer les opérations. Ne recevant pas de réponse, il ordonne d'avancer en Pologne russe. Au départ, il ne rencontre aucune ou peu de résistance et avance rapidement en territoire ennemi. Les Russes offrent seulement une résistance sporadique et Barclay, le commandant en chef, refuse le combat malgré les instances de Bagration, sachant qu'il ne peut battre les Français lors d'une bataille rangée. À plusieurs reprises, il tente d'établir une position défensive forte, mais à chaque fois l'avance française, trop rapide pour lui permettre de finir les préparatifs, le force à battre en retraite.

Les pressions politiques sur Barclay pour entamer le combat et la constante réticence du général  lui valent de perdre sa position de commandant en chef pour être remplacé par Koutouzov. il suit la voie de Barclay, voyant tout de suite qu'affronter les Français en bataille rangée reviendrait à sacrifier son armée inutilement. Il finit par réussir à établir une position défensive à Borodino . apres La bataille de la Moskowa le 7 septembre. L'armée russe peut seulement réunir la moitié de ses forces le 8 septembre et doit faire retraite, laissant ouverte la route de Moscou. Koutouzov ordonne l'évacuation de la ville.

À partir de là, les Russes réussissent à rassembler un grand nombre de renforts pour leur armée, amenant les forces russes à leur valeur maximale en 1812, soit 904 000 hommes avec peut-être 100 000 hommes au voisinage immédiat de Moscou . La capacité des Russes à rapidement remplacer leurs effectifs est un avantage décisif .

Napoléon entra dans une ville déserte, vidée de toute provision par le gouverneur. En se basant sur les règles classiques de la guerre lors de la prise d'une capitale , il pensait que le tsar Alexandre Ier lui offrirait sa capitulation sur le mont Poklonnaya, mais le commandement russe ne se rendit pas.  des feux démarrent à Moscou, et ravagent la ville du 14 au 18 septembre  . Moscou, construite essentiellement en bois, brûle presque complètement, privant les Français d'abris dans la ville.

Siégeant dans une ville en ruines sans avoir reçu la capitulation russe, et face à une manœuvre russe le poussant à quitter Moscou, Napoléon entame sa longue retraite. À la bataille de Maloyaroslavets, Koutouzov peut enfoncer l'armée française . En continuant à bloquer le flanc sud pour empêcher les Français de prendre une autre route, Koutouzov déploie à nouveau la même tactique de partisans pour constamment attaquer le trajet français là où il était le plus vulnérable. La cavalerie légère russe, dont les Cosaques montés, attaque et détruit les unités françaises isolées.

Approvisionner l'armée devient impossible : le manque total d'herbe comestible affaiblit les chevaux restants de l'armée, presque tous meurent ou sont tués pour nourrir les soldats affamés. Sans chevaux, la cavalerie française cesse d'exister, et les cavaliers doivent marcher. De plus, le manque de chevaux fait que les canons et les chariots doivent être abandonnés, privant l'armée d'artillerie et de soutien logistique.  le manque de chariots créa un immense problème logistique jusqu'à la fin de la guerre. Comme la famine, les maladies et le froid extrême s'imposent, les désertions prennent alors de l'ampleur. La plupart des déserteurs sont fait prisonniers par les paysans russes. À partir de novembre 1812, l'hiver russe cause de nouveaux tourments à l'armée française : les soldats et les chevaux commencent à mourir de faim, de froid et de fatigue durant la marche. La traversée de la rivière Bérézina amène une défaite majeure de plus quand Koutouzov, décidant que le temps était venu pour une bataille rangée, attaque et écrase la partie de l'armée française restée du mauvais côté de la rivière.

Début décembre 1812, Napoléon apprend que le général de Malet a tenté un coup d'État. Il abandonne son armée et rentre en traîneau, laissant le commandement au maréchal Joachim Murat. Murat déserte plus tard pour sauver son royaume de Naples, laissant le premier beau-fils de Napoléon, Eugène de Beauharnais, aux commandes.

Au cours des semaines suivantes, les restes de la Grande Armée sont encore réduits, et le 14 décembre 1812 ils sont expulsés du territoire russe. Seulement à peu près 22 000 des hommes de Napoléon survivent à la campagne de Russie. Les victimes russes au cours des quelques rares batailles rangées sont comparables aux pertes françaises, mais les pertes civiles le long de la route empruntée par les armées, dans un territoire dévasté, sont beaucoup plus élevées que les pertes militaires. Au total, en dépit d'estimations hatives de plusieurs millions de morts, on estime les pertes à environ un million de morts, également réparties entre Français et Russes. Les pertes militaires s'élèvent à 300 000 Français, 70 000 Polonais, 50 000 Italiens, 80 000 Allemands, et peut-être 450 000 Russes. En plus des pertes humaines, les Français perdent aussi quelques 200 000 chevaux et plus de 1000 pièces d'artillerie.

Napoléon n’est pas complètement défait en Russie. L’année suivante, il lève une armée d'environ 400 000 soldats Français soutenue par un quart de million de soldats des pays alliés aux Français, pour disputer le contrôle de l'Allemagne . Ce n’est que lors de la bataille de Leipzig (16 au 19 octobre 1813) qu'il est finalement défait, et  ensuite la campagne de France en 1814 est indécise. Malgré tout, l'importance de la campagne de Russie est de révéler que Napoléon n'était pas invincible. Sentant la bête blessée et poussés par les nationalistes prussiens et les commandants russes, des nationalistes allemands se soulevent à travers la Confédération du Rhin et la Prusse. La décisive campagne d'Allemagne n'aurait pas pu avoir lieu sans le message de la défaite de Russie propagé dans le monde.

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