enigma

Publié le par nc

Cent cinquante-neuf milliards de milliards de clés possibles ! Telle était l'affolante complexité engendrée par Enigma, la machine à coder les communications utilisées par les armées allemandes. Inventée en 1918 par l'Allemand Arthur Scherbius, elle entre en service en 1926. Les communications du Reich sont bientôt protégées par un réseau de ces 30 000 machines qui cachent un jeu de rotors et de connexions électriques .

Les services du chiffre américain, britannique et français sont rapidement découragés par l'opacité des messages qu'ils captent, sans pouvoir les décrypter. Ils négligent même d'exploiter les plans de la machine, qui leur ont été vendus par un traître allemand. au bureau du chiffre polonais, un jeune mathématicien, Marian Rejewski, met à profit une faille pour casser le code. Dès le début des années 1930, les messages chiffrés par Enigma sont transparents pour les Polonais.

Jusqu'à ce qu'une version plus complexe soit diffusée. Rejewski met alors au point des automates capables de passer rapidement en revue une série de combinaisons. Ces machines, baptisées "bombes", hautes d'un mètre, permettent de trouver la clé du jour en deux heures. Mais, en 1938, les Allemands compliquent Enigma, mettant en échec rejewski. Craignant que ses efforts ne soient perdus, celui-ci partage ses résultats avec les Alliés : deux semaines avant l'invasion de la Pologne, une réplique d'Enigma parvient à Londres, dans les bagages de... Sacha Guitry et Yvonne Printemps.

En Grande-Bretagne, l'exploit des Polonais redonne espoir aux cryptanalystes réunis à Bletchley Park, un manoir situé entre Cambridge et Oxford. Le siège du Government Code and Cypher School  rassemble les meilleurs cerveaux de l'époque .

Parmi eux figure Alan Turing, mathématicien brillant et excentrique. . Reprenant la stratégie de Rejewski, il met au point de nouvelles "bombes", des machines capables de trouver le code en une heure seulement. La capture de carnets de code sur des navires ennemis ne sera pas superflue.

Parallèlement, Turing s'emploie à décoder les messages des Geheimfernschreiber, des téléscripteurs fonctionnant sur un principe assez proche d'Enigma. Ses travaux contribuent à la mise au point par Max Newman, en 1943, du Colossus, considéré comme le premier ordinateur de l'histoire, constitué de 1 800 lampes, capable de lire 5 000 caractères par seconde et d'effectuer divers types de calculs , trois ans avant l'Eniac américain !

L'engin restera secret, mais l'électronique employée convainc Alan Turing que sa "machine" mathématique abstraite, capable de réaliser tous les calculs imaginables pourra être réalisée.   il se suicide avant d'assister à ces développements, le 7 juin 1954.

Publié dans le 20 eme siecle

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