la guerre des 6 jours

Publié le par nc

Les hostilités se déclenchent, au terme d'une réelle et inquiétante montée des tensions, où chacun redoute les intentions de l'autre. Dès le mois d'avril l'Égypte et la Syrie s'inquiètent de la préparation par l'armée israélienne d'une opération d'envergure contre les pays arabes. L'inquiétude s'accroît le 15 mai 1967, avec le défilé militaire israélien à Jérusalem, contraire aux armistices. Alors Le Caire place, le 17, ses troupes en état d'alerte et, le 18, réclame le retrait des observateurs des Nations unies de Charm Al Cheik et de Gaza, dont les troupes égyptiennes prennent possession le 21. Le 31 mai la Jordanie et le 4 juin l'Irak se rallient au pacte militaire égypto-syrien.

L'"encerclement" ainsi parachevé entraîne, dès le lendemain, une attaque fulgurante : une fois l'aviation arabe anéantie, les troupes israéliennes s'emparent, en six jours, du Sinaï égyptien, de la Cisjordanie jordanienne et  du plateau syrien du Golan. Au bout de cinq mois de tractations, les Nations unies, avec la résolution 242 du Conseil de sécurité, affirment la nécessité d'un retrait d'Israël des territoires arabes qu'il occupe, en échange de :  la reconnaissance de tous les États de la région, la libre navigation sur le canal de Suez et dans le golfe d'Akaba ainsi que la création de zones démilitarisées.
La victoire israélienne est écrasante, mais à bien des égards, déstabilisatrice.

Elle l'est d'abord pour le monde arabe : cette nouvelle catastrophe, loin d'alimenter le nationalisme comme après 1948, en précipite la crise.

Mais la faveur du sort se retournera également contre Israël qui entre, en 1967, dans une période  nouvelle. Jusque-là, l'État juif se réclamait de la légitimité internationale donnée par l'ONU à sa naissance. L'argument, depuis le 10 juin 1967, s'est retourné : Israël est seul maître de ces territoires, qu'il peut échanger contre la paix. Or, non seulement les dirigeants de Jérusalem rejettent toute réalisation des droits nationaux palestiniens, mais ils font de premiers pas en direction, sinon d'une annexion, du moins d'une colonisation. Si les Palestiniens mesurent immédiatement les conséquences de ce choix, les Israéliens le feront plus tard : l'occupation maintenue de la Cisjordanie et de Gaza, le blocage du problème palestinien, et donc l'absence de paix sont à l'origine de la crise qui secoue la société israélienne.

Publié dans le 20 eme siecle

Commenter cet article