la mer du nord

Publié le par nc

la Norvège et leDanemark sont  pays pacifistes et neutres , . Toutefois, leur situation géographique était d'une importance stratégique primordiale pour les puissances de l'Axe et pour les Alliés. Le reste du monde comprit, mais un peu tard, qu'aucune nation, même la plus innocente, ne pouvait demeurer à l'abri du conflit.

Une marine de guerre moins puissante que la marine britannique pouvait couper les lignes de communication maritimes de l'Angleterre si ses navires étaient capables d'atteindre les eaux libres de l'Atlantique. Mais, à partir des ports allemands, cela n'était possible qu'en prenant le risque de livrer combat.
En 1939, l'Allemagne importait de Suède environ dix millions de tonnes de minerai de fer. Tant que la Norvège était neutre et que les Alliés respectaient sa neutralité, les vaisseaux de guerre et les forceurs de blocus allemands pouvaient se faufiler le long des côtes norvégiennes pour atteindre la mer du Nord et essayer de gagner l'Atlantique, et les transports de minerai allemands circulaient librement entre Narvik et les ports d'Allemagne, sans craindre aucunement le blocus britannique. Le 12 septembre 1939, Churchill avait signé une directive de l'Amirauté ordonnant la remise en état de navires spécialement armés pour pénétrer dans la Baltique. Le 19, il informa le cabinet de la nécessité de stopper les envois de minerai de fer suédois et, le 29, proposa que les détroits fussent minés si le trafic du fer, momentanément arrêté au début des hostilités, devait recommencer. Mais le cabinet britannique refusa de porter atteinte à la neutralité de la Norvège.
A Berlin, à la fin de la campagne de Polognel'état-major  allemand soutenait les vues de l'amiral, en prétendant qu'il ne disposait pas des forces terrestres suffisantes pour s'emparer de la Norvège et l'occuper. Cependant, le 10 octobre 1939, Raeder transmit à Hitler des renseignements fournis pat l'amiral Canaris, concernant les desseins britanniques sut la Norvège. Mais, ce jour-là, Hitler lançait des directives en vue d'une prochaine offensive vers l'ouest et ne s'intéressait guère à la Norvège.
Le 30 novembre 1939, la Russie attaquait la Finlande. A l'admiration du monde entier, la petite Finlande commença par résister victorieusement à son puissant agresseur et bénéficia du soutien moral quasi unanime des peuples libres. La Norvège et la Suède éprouvaient une profonde sympathie pour la Finlande, mais, par crainte de l'Allemagne, elles n'osèrent  lui venir en aide.

Bien qu'en Allemagne la sympathie fût également vive en faveur des Finnois, Hitler, qui venait de conclure son pacte avec Staline, préféra remettre à plus tard le règlement de cette affaire. Raeder l'avait averti que les Alliés pourraient utiliser le prétexte d'une aide à la Finlande pour s'assurer le contrôle du transport du minerai suédois...
En février 1940, l'Altmark, navire ravitailleur attaché au cuirassé de poche Graf Spee qui venait de se saborder dans le Rio de la Plata, regagnait l'Allemagne par les eaux territoriales norvégiennes, avec, à son bord, un important contingent de marins britanniques prisonniers ayant appartenu aux équipages des navires coulés par le Graf Spee. L'Altmark, interpellé par les Norvégiens au large de Trondheim, puis dans les eaux de Bergen, prétendit qu'en tant que navire auxiliaire il n'avait pas à se soumettre aux formalités de la visite réglementaire. Après l'avoir retenu quelque temps, on lui permit de poursuivre sa route. Mais, le 16 février, il était intercepté, non loin de Jôsenfjord, sur la côte méridionale de la Norvège, par le croiseur britannique Arethuse et la 4e flottille de destroyers, sous les ordres du capitaine Vian. Les deux petits vaisseaux de guerre norvégiens qui escortaient l'Altmark insistèrent pour que les Anglais ne l'arraisonnent pas tant qu'il serait dans des eaux neutres, et l'Altmark alla se réfugier dans le Jösenfjord.
Trois heures plus tard, Vian, agissant sur ordre direct de Churchill, transmis par l'Amirauté, s'approcha jusqu'à quelques encablures de l'Altmark, après avoir laissé aux Norvégiens la possibilité de le ramener à Bergen pour lui faire subir un contrôle plus poussé. Il faisait déjà nuit. Pendant que le destroyer Cossack accostait le navire allemand, beaucoup plus important que lui, l'Altmark essaya de l'éperonner, mais, ce faisant, il alla s'échouer sur le rivage. Les marins anglais sautèrent à bord de l'Altmark et, tandis que les uns, revolver au poing, se rendaient maîtres de la passerelle de commandement, d'autres allaient à la recherche des prisonniers. Huit Allemands furent tués ou noyés et 299 prisonniers anglais transférés sur le Cossack.

En Allemagne, ce fut un immense cri d'indignation dans la presse et à la radio. Hitler manifesta une énorme fureur et, selon l'opinion de ses collaborateurs, l'incident de l'Altmark mit fin à ses hésitations sur l'invasion de la Norvège.
Le 19 février, il ordonna d'accélérer les préparatifs de invasion de la Norvège. Deux jours plus tard, l'opération était confiée au général de corps d'armée von Falkenhorst. Le besoin de l'Allemagne de disposer de terrains d'aviation et des voies maritimes à proximité de la Norvège régla le sort du Danemark. Falkenhorst inclut dans le plan Weserübung l'occupation du Danemark
La Norvège, d'une superficie à peu près égale à celle des îles Britanniques , comptait, en 1940, environ trois millions d'habitants. Les communications terrestres, malgré un effort sensible, demeuraient difficiles, et les routes principales convergeaient toutes vers Oslo.


Quand on apprit que la Finlande avait demandé la paix, Hitler et Raeder hésitèrent un moment, puis décidèrent de déclencher quand même Weserübung.
Le 3 avril, des bateaux marchands, chargés de troupes et de matériel, commencèrent à quitter les ports allemands, et, dans la matinée du 7, des navires de guerre mettaient le cap vers les lieux de débarquement.
Pendant ce temps, à Londres, Churchill avait fini par persuader Chamberlain d'autoriser le mouillage de mines dans les eaux territoriales norvégiennes.
Le 5 avril, le jour même du départ des mouilleurs de mines, les Britanniques faisaient parvenir une note d'avertissement aux gouvernements norvégien et suédois. Il faut, toutefois, remarquer que les opérations montées en Angleterre avaient des objectifs et une envergure absolument différents de ceux du plan Weserübung. Tandis que la Home Fleet demeurait à Scapa Flow, quelques destroyers et un mouilleur de mines devaient aller placer un champ de mines dans le Vestfjorden, aux abords de l'Ofotfjord et de Narvik, un autre dans les eaux territoriales entre Trondheim et Bergen, et un faux champ de mines près de Trondheim. Plus tard, le croiseur de bataille Renown, avec une escorte de quatre destroyers, partit renforcer la flottille qui se trouvait dans le Vestfjorden. Quelques bataillons embarquèrent sur des croiseurs à Rosyth ; d'autres sur des transports militaires dans la Clyde. Toutes ces troupes devaient demeurer dans les ports anglais jusqu'à ce qu'une action allemande contre la Norvège permît de justifier leur intervention.
Le 7 avril, l'aviation anglaise repéra et bombarda  des navires de guerre allemands qui faisaient route, de conserve, vers le nord. Le groupe I de cette flotte, composé des croiseurs de combat Gneisenau et Scharnhorst escortés de dix destroyers, transportait vers Narvik un régiment de la 3' division de montagne ; le groupe II comprenait le croiseur Hipper et quatre destroyers ayant à leur bord deux bataillons en route pour Trondheim. La présence des navires allemands fut signalée tout de suite à l'Amirauté et à sir Charles Forbes, commandant en chef de la Home Fleet. Dans la soirée du 7 avril, la Home Fleet quitta Scapa Flow et mit le cap sur la côte norvégienne, pour intercepter les Allemands.

Dans la nuit du 7 avril s'éleva une tempête Les destroyers allemands des groupes I et II furent malmenés et forcés de rompre leur formation.

Le vice-amiral sir Max Horton, commandant en chef mes sous-marins britanniques et connu pour ses intuitions, avait envoyé, de sa propre initiative, tous les submersibles disponibles croiser au large mes ports allemands et sur les routes maritimes vers la Norvège. Les sous-marins anglais purent voir, dans leurs périscopes, nombre de cargos en route vers le nord. Mais comme les ordres étaient me ne torpiller que les navires de guerre et les transports me troupes, ils laissèrent aller ces bâtiments, d'allure inoffensive. Pourtant, le 8 avril, le sous-marin polonais Orzel torpilla et coula le Rio-de-Janeiro. Une centaine de survivants, recueillis par mes bateaux de pêche norvégiens, se révélèrent être des soldats allemandsUs hydravion britannique découvrit le Hipper et signala sa présence. Mais, à ce moment, le croiseur allemand se dirigeait vers l'ouest, et Forbes, ayant mis le cap au nordouest, le manqua. Puis, à 20 heures, le 8 avril, après avoir reçu d'autres rapports, le commandant de la Home Fleet commença à comprendre les intentions des Allemands et se dirigea vers le sud, tout en ordonnant au Repulse et au Penelope de continuer leur route en direction du nord et de rejoindre le Renown. C'est ainsi qu'aux premières heures du 9 avril, tandis que les vaisseaux allemands pénétraient dans les fjords et s'approchaient des villes norvégiennes, la Home Fleet descendait vers le sud, à une centaine de kilomètres mes côtes, tandis que, tout au nord, le Renown et ses destroyers luttaient contre une mer déchaînée.

Tôt dans la matinée du 9 avril, les dix destroyers allemands du groupe I, battus par la tempête, remontaient l'Ofotfjord en direction de Narvik. Arrivés au large du port, ils aperçurent, à travers la neige qui tombait en rafales, l'Eidsvoll vieux bâtiment de la défense côtière norvégienne. L'Eidsvoll tira un coup de semonce à l'intention des arrivants.  trois torpilles coupaient son bateau en deux. Sur les 182 hommes de l'équipage, huit seulement purent être sauvés.

Trois destroyers allemands avaient déjà traversé le fjord pour atteindre Bjerkvik, sur la rive nord, afin de s'emparer du dépôt d'armes situé son lois de l'agglomération. Bonte en envoya alors trois autres à Narvik.
Bien que le port fût encombré de navires marchands et que les eaux fussent prises par les glaces, gênant la précision de tir des tubes lance-torpilles, deux torpilles touchèrent le Norge, qui chavira avant me couler. La moitié de l'équipage, seulement, réussit à se sortir mes eaux glacées du fjord. Le général Dietl débarqua et demanda à voir le commandant de la garnison. Complètement déroutés, et se demandant s'ils n'avaient pas affaire à des Anglais, les soldats norvégiens n'avaient pas fait usage de leurs armes. Le colonel Ssnmlo, commandant de la garnison accepta de livrer le port. Alors, Dietl et Bonte, isolés dans les neiges du Nord avec leur petite troupe, et démunis d'armes lourdes, durent se préparer à recevoir les forces anglaises, supérieures en nombre, dont ils savaient qu'elles allaient arriver.
Au large de Trondheim, le Hipper échangea des salves avec les batteries qui gardaient l'entrée du fjord, pendant que ses destroyers, profitant de la diversion, y pénétraient à la vitesse de 25 noeuds et allaient débarquer leurs troupes dans la ville sans défense. A Bergen, les batteries de protection furent lentes à ouvrir le feu et s'enrayèrent à plusieurs reprises mais elles réussirent quand même à endommager le Kônigsberg et le navire auxiliaire Brenise avant que les troupes allemandes eussent débarqué et pris la ville. A Stavanger, le parachutage sur Sola se passa sans acrochage, et la ville tomba rapidement aux mains des Allemands. A Kristiansand, les batteries côtières commencèrent par tenir à distance les navires allemands qui approchaient dans le brouillard, mais les envahisseurs finirent par s'emparer de la ville.

Quant au Danemark, il était tombé aux mains des Allemands sans qu'eût été tiré pratiquement un seul coup de feu, et les envahisseurs purent tout. de suite utiliser les aérodromes d'Aalborg. A Copenhague, le roi ordonna de cesser toute résistance et le pays passa sans heurts sous le joug des nazis.

Par une ironie du sort, ce fut l'attaque vitale sur Oslo, menée à la fois par air et par mer, qui fut le plus près d'échouer. A l'aube du 9 avril, le croiseur lourd Blücher, ayant à son bord le vice-amiral Kummetz et le général Engelbrecht, avec un millier de ses soldats, fut coulé dans la passe de Drobak par les canons et les torpilles de la forteresse d'Oscarsborg, et les navires qui le suivaient furent forcés de redescendre vers l'embouchure de l'Oslofjord. Pendant ce temps, l'attaque aérienne se trouvait gênée par un épais brouillard, et les avions de transport de troupes reçurent l'ordre de revenir à Aalborg. Une de leurs formations, cependant ne tint pas compte de ces instructions et atterrit à Fornebu, l'aéroport d'Oslo. Malgré la destruction d'un certain nombre d'appareils par la défense norvégienne, les Allemands se rendirent maîtres de l'aérodrome sans grand mal. Le reste de la flotte aérienne, qui avait été ramené à Aalborg, refit le plein de carburant et remit le cap sur Oslo. Dans l'après-midi, le pont aérien était établi et les troupes allemandes pénétraient dans la ville.

Publié dans le 20 eme siecle

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article