monte cassino

Publié le par nc

 L'objectif des Alliés était d'atteindre Rome, mais pour cela il fallait d'abord percer la ligne Gustav. Les forces alliées regroupaient la Ve armée américaine  et la VIIIe armée britannique, elles étaient opposées à la Xe armée allemande du général Von Vietinghoff.
Les Alliés disposaient de trois divisions blindées et treize d'infanterie, soit 300 000 hommes. De leur côté les Allemands avaient quatre divisions Panzers, une division de Panzergrenadieres et cinq divisions d'infanterie. La clé du dispositif de défense allemand résidait en la hauteur d'un monastère très célèbre. Ce monastère, situé à 435 mètres d'altitude, surplombait la ville de Cassino et dominait les vallées du Rapido et du Liri. Le 14e Panzerkorps ainsi que des bataillons d'élites de parachutistes et d'infanterie étaient chargés de sa défense.
En janvier 1944, les Alliés lancèrent une succession de raid de 3 000 bombardiers contre les voies de communication allemandes. Le 4 janvier 1944, le 2e corps américain du général Keyes et le corps expéditionnaire français prirent le mont Trocchio.
La première bataille de Cassino commença le 17 janvier 1944. Les Alliés avaient mis au point une stratégie très élaborée : le corps expéditionnaire français, commandé par le général Juin, devrait attaquer le mont Santa Croce, tandis que le 2e corps américain  devrait prendre Cassino et Sant'Angelo. Finalement, le 10e corps britannique devrait marcher sur Minturno. Ces opérations devaient précéder le débarquement à Anzio-Netturo  prévu pour le 22 janvier 1944. Le 10e corps britannique parvint à franchir le Garigliano et arriva le 19 près de Castelforte. À partir du 20 janvier, les Allemands lancèrent une série de contre-attaques . Durant la seconde phase de l'opération, la 36e division du 2e corps américain attaqua Sant'Angelo . Cependant, elle ne parvint pas à franchir le Rapido. La 34e division s'approcha à 300 mètres du monastère de Cassino mais ne pu le prendre. Au début du mois de février, les troupes allemandes avaient repris la majeure partie du terrain qu'elles avaient perdu. Cependant, le 20 janvier, les troupes du général Juin s'emparèrent du mont Santa Croce. Le 6 février, la 36e division américaine fut relevée par la 2e division néo-zélandaise. Pendant ce temps, les troupes débarquées à Anzio furent stoppées par les Allemands.
 La seconde bataille de Cassino se déroula du 15 au 18 février 1944. Il était établi que la 4e division indienne et la 2e division néo-zélandaise devaient donner l'assaut sur le mont Cassino en passant par la crête de la Tête de Serpent. Leur objectif était la gare du chemin de fer. Le 15 février 1944, 224 appareils larguèrent 420 tonnes de bombes sur sur le monastère, cette attaque transforma le monastère en amas de ruines que les Allemands eurent tôt fait de transformer en forteresse. Le 16 février, les Néo-Zélandais prirent la gare de Monte Cassino mais durent se retirer le lendemain. Les opérations furent suspendues durant trois semaines à cause du mauvais temps.
La bataille reprit le 14 mars; Freyberg attaqua en direction du sud, le long des deux rives du Rapido. Après six jours de combats, le corps Néo-Zélandais fut obligé de se retirer. La ville de Cassino était encore aux mains des Allemands. La VIIIe armée britannique fut alors redéployée en secret. Le 2e corps polonais devait attaquer le monastère par le nord tandis que le 13e corps britannique franchirait le Rapido pour couper la route nationale et isoler la ville. Les Français et le 2e corps américain attaqueraient plus au sud de part et d'autres de Sant'Andrea. Les Allemands avaient envoyé des renforts vers Anzio, car ils croyaient que les Alliés allaient y tenter une attaque. Le 10 mai, Le général Juin, trouvant les attaques alliées aussi vaines que coûteuses, organisa un plan qui consistait en la prise des sommets dominants la vallée. Après avoir convaincu les généraux américains et anglais, Juin mit son plan à exécution.
 La 2e division marocaine  fut chargée de prendre le mont Faito puis le Maio, assistée par la 1ère division française libre la 4e division marocaine de montagne  et la 3e division d'infanterie algérienne . Au soir du 10 mai, l'attaque française devait partir de la tête de pont sur le Garigliano. Cette attaque étant surprise, il n'y eu pas de préparation d'artillerie. L'attaque n'eu pas l'effet escompté et les soldats allemands purent riposter vigoureusement contre les Français qui se sont pris dans les barbelés et se sont perdus dans les champs de mines. Le Faito fut chèrement conquis, blockhaus par blockhaus. Devant ces lourdes pertes de la nuit du 10 au 11 mai, Juin décida de remettre la suite de l'opération au lendemain. Le 12, l'offensive fut relancée, cette fois précédée par de lourdes salves d'artillerie . Les marocains prit les monts Girofano et Cerasola, ceux-là même qui défendaient tout le massif du Maio. Le Maio tomba ensuite. Les soldats français attaquèrent alors Castelforte. Après de durs combats de rue, coûteux en vies humaines, les Français purent crier victoire à Castelforte. Le 13 mai, les Français occupaient le confluent du Liri et du Garigliano, les troupes du général Juin étaient parvenues à creuser une brèche de 25 Km de large sur 12 Km de profondeur dans la redoutable ligne Gustav. Mais pendant ce temps, les Polonais butèrent face aux défense allemandes devant Cassino, les Britanniques se maintenaient avec difficulté sur le Rapido et les Américains piétinaient devant Santa Maria. cela n'arrêta pas la progression alliée
 Deux jours après la destruction du QG Allemands par une attaque aérienne, les Américains arrivèrent à Spigno. Le 17 mai 1944, Kesselring ordonna à ses troupes de se retirer. Le même jour, le 13e corps britannique coupa la route nationale et les Polonais lancèrent l'assaut sur le monastère qui tomba le 18. Cet bataille coûta aux Alliés 115 000 hommes et aux Allemands 60 000. Le 23 mai, les troupes alliées réussirent une percée à Anzio où elles étaient encerclées depuis janvier. La route de Rome était maintenant ouverte et les Américains y défilèrent le 4 juin 1944. La bataille de Cassino fut l'une des plus dure de toute la campagne alliée en Europe.

Publié dans le 20 eme siecle

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