rattachement de l'allemagne a l'autriche

Publié le par nc

La petite république d'Autriche, rescapée de l'empire austro-hongrois, se caractérise comme l'Allemagne voisine par une grande homogénéité linguistique. Ses sept millions d'habitants parlent allemand, même si beaucoup, surtout à Vienne, la capitale, sont issus des diverses communautés de l'ancien empire
Dès la fin de la Première Guerre mondiale, beaucoup d'Allemands et d'Autrichiens songent fort naturellement à réunir les deux pays. Mais cette perspective leur est formellement interdite par l'article 88 du traité de paix de Saint-Germain-en-Laye du 10 septembre 1919, imposé par les vainqueurs à l'Autriche.
L'Autriche se fait peu à peu à l'idée de vivre séparée de sa puissante voisine. En 1932, elle succombe à la séduction d'un jeune chancelier d'extrême-droite, Engelbert Dollfuss (40 ans).
Catholique convaincu, déçu par le régime parlementaire et sensible aux réalisations de Mussolini, Dollfuss se rapproche de celui-ci pour mieux résister à la pression de Hitler. Il combat sans état d'âme les militants nazis de son pays et n'hésite pas à les enfermer dans des camps ! Mais le chancelier est assassiné le 25 juillet 1934 par des nazis autrichiens commandités par Hitler. Le drame survient à peine plus d'un an après la prise de pouvoir de celui-ci. À midi, 154 membres des SS Standarte revêtus d'uniformes militaires autrichiens font irruption dans la Chancellerie et tirent à bout portant sur Dollfuss, le blessant mortellement. Dans le même temps, d'autres nazis s'emparent de la radio et annoncent la... démission du chancelier.L'image « http://www.crrl.com.fr/archives/expo19-39/dossier/photos/hitlmusso.GIF » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.

Mais le putsch échoue du fait de la maladresse de ses auteurs. Les forces gouvernementales, aux ordres du dr Kurt Schuschnigg, arrêtent les assassins. 13 d'entre eux seront plus tard pendus. Hitler assiste au festival annuel de Bayreuth quand il reçoit confirmation de la mort de Dollfuss. Il apprend peu après que Mussolini a envoyé quatre divisions vers le col du Brenner, entre l'Italie et l'Autriche.
Le Duce, au summum de sa popularité, ne tolère pas que l'Allemagne étende son territoire jusqu'à la frontière italienne. Le Führer ravale son dépit et reporte à plus tard l'Anschluss (le «rattachement» de l'Autriche) dont rêvent depuis un siècle les nationalistes allemands et autrichiens.
Le docteur Kurt Schuschnigg, nouveau chancelier de l'Autriche, assiste à la montée des mouvements nazis, activement soutenus par Hitler et son ambassadeur à Vienne, l'ineffable Franz von Papen, politicien inconsistant qui avait cru manipuler Hitler avant que celui-ci ne s'empare de la totalité du pouvoir.
Les rapports de force évoluent brutalement en 1936. Mussolini, mis au ban des gens civilisés suite à l'invasion de l'Éthiopie, se rapproche contraint et forcé de Hitler. Il soutient avec lui la rébellion du général Franco en Espagne. Il n'est plus en situation de lui refuser l'Anschluss.
La même année, le gouvernement français reste inactif face à la remilitarisation de la Rhénanie par Hitler. Cette entorse aux traités internationaux survient le 7 mars 1936, un an après le rétablissement en Allemagne de la conscription obligatoire, en violation du traité de Versailles.
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Rassuré sur ses arrières, le Führer revient donc à l'Autriche. Le 12 février 1938, il convoque Schuschnigg dans son nid d'aigle de Berchtesgaden
Il exige du malheureux chancelier qu'il cesse toute poursuite contre les militants nazis qui sèment le désordre dans le pays et qu'au surplus, il confie le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité à un nazi notoire, l'avocat viennois Arthur Seyss-Inquart, le ministère de la Guerre revenant quant à lui à un sympathisant nazi, Glaise-Horstenau.
Le mardi 15 février, après trois jours de réflexion, le chancelier et le président de la République autrichienne, Wilhelm Milkas, s'inclinaient devant les exigences du Führer. Le nazi Seyss-Inquart prend les rênes de la police.
Le surlendemain de l'entrée des troupes allemandes dans le pays natal d'Adolf Hitler, celui-ci proclame officiellement l'Anschluss depuis une tribune dressée face au palais impérial de Vienne. 
Le rattachement est avalisé par un référendum, le 10 avril 1938, qui recueille plus de 99% de votes favorables parmi les Autrichiens.

Publié dans le 20 eme siecle

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