la guerre civil espagnol

Publié le par nc

La Seconde République espagnole proclamée en 1931 voit arriver au pouvoir en 1933 un gouvernement où s'associe une coalition de centre-droit qui inclut le petit Parti radical et les conservateurs catholiques , parti majoritaire au parlement. C'est un gouvernement dirigé par le radical Alejandro Lerroux qui est alors mis en place.

En septembre et octobre 1934, des insurrections socialistes et anarchistes ont lieu en Catalogne, à Madrid et dans les mines des Asturies. Cette dernière est matée dans le sang par les troupes d'Afrique commandées par Franco. L'entente entre gauche et droite semble de plus en plus impossible

Le parti socialiste et son syndicat, l'UGT, jusqu'alors modérés, changent brutalement de tactique et deviennent révolutionnaires. Ils refusent, tout comme les anarchistes, le verdict des urnes. Socialistes et anarchistes multiplient les appels à la grève générale et provoquent ensemble, en octobre 1934, la grande insurrection des Asturies. La répression ordonnée par le gouvernement est terrible (1 000 morts, 20 000 arrestations). Désormais, un fossé de sang sépare le mouvement ouvrier de la République.

La droite au pouvoir, qui s'attache pourtant à défaire les réformes adoptées par la gauche, ne rassure pas pleinement ses partisans. La tentation de recours à un coup de force s'étend, entretenue par l'activisme des mouvements d'extrême droite anciens. Les deux Espagne sont désormais hantées par deux grandes peurs : celle de la révolution bolchevique et celle du fascisme.

Aux élections de février 1936, le Front National dominé par la CEDA remporta 33,2 % des suffrages et 271 sièges mais est devancé de peu par le Front Populaire qui avec 34,3 % des voix remporte 448 sièges aux Cortès. À droite, on pense que cette coalition de gauche va faire une révolution, à gauche, on considère que la droite voulait établir une dictature fasciste.

Le Front Populaire tente de reprendre l'action du gouvernement de 1931, mais le climat est difficile : d'un côté, le peuple, très pauvre, réalise souvent lui-même les réformes sociales promises par les partis du Front Populaire et qui tardent à venir ; de l'autre, la fraction réactionnaire, catholique ou nationaliste de la bourgeoisie n'a que peu de confiance dans le régime républicain ou dans le parlementarisme pour maintenir l'ordre. Les crimes politiques se succèdent, commis par les milices ouvrières ou par les milices d'extrême droite . L'État ne maintient plus l'ordre : l'assassinat par des membres des forces de sécurité républicaines d'un des chefs et député de la droite monarchiste est l'étincelle qui provoque l'embrasement général. Mais, en fait, le groupe de généraux responsables du putsch était formé depuis 1933-1934, et la décision de passer à l'acte, est intervenue en mars 1936. Sanjurjo, en exil au Portugal, en était le chef,   les militaires obtiennent l'appui des milices Carlistes et de la Phalange.

Le coup d'État débute le 17 juillet au Maroc où Franco prend le commandement des troupes, et se diffuse à travers le pays le 18.

Cependant, si certaines régions tombent rapidement , le reste du pays reste fidèle à la République. Madrid, Barcelone et Valence restent aux mains des républicains, notamment grâce aux milices ouvrières très vite mobilisées. Au bout d'une semaine, le pays est coupé en deux zones à peu près égales : d'un côté les nationalistes, de l'autre les républicains qui conservent les régions les plus riches et industrielles.

Les républicains tentent une conciliation avec les militaires. Le président Manuel Azaña a tenté de proposer la mise en place d'un gouvernement de compromis à la place du Front Populaire : le 18 juillet, il nomme Diego Martinez Barrio à la tête du gouvernement, mais il doit rapidement constater l'échec de ses efforts. Ni du côté nationaliste avec Mola, ni du côté républicain avec Largo Caballero on ne veut de compromis. L'issue violente est inévitable, et dès le lendemain de sa nomination, Martinez Barrio démissionne remplacé par José Giral. La décision est alors prise d'armer les milices ouvrières, ce qui avait été exclu jusque là.http://www.colby.edu/french/fr128/splocher/images/guerre.jpg

Les forces en présence sont beaucoup plus équilibrées que l'image véhiculée du républicain armé de sa seule fourche face aux nationalistes lourdement armés par l'Allemagne. Il semble qu'au début de 1937, chaque camp dispose d'environ 500 000 hommes. Côté nationaliste, c'est une armée plutôt médiocre qui est alignée, que ce soit par son matériel hors d'âge ou par ses tactiques d'un autre temps. La livraison des armes allemandes ou italiennes a permis un certain progrès. Les républicains sont quant à eux équipés d'armes soviétiques également de bonne qualité, mais l'approvisionnement pose problème en raison du blocus maritime des Britanniques.

Du côté républicain, les problèmes majeurs se posent du côté de l'organisation. En effet, il s'agissait d'une armée populaire créée de toute pièces, et n'obéissant pas au gouvernement basée sur l'idée d'une défense populaire assurée par chaque citoyen, sans commandement centralisé. Devant l'échec de cette organisation, le gouvernement a tenté de créer une armée populaire sous la forme d'un corps national (en place au printemps 1937), avec une discipline et un commandement commun. Ces hésitations reflètent l'opposition entre communistes et anarchistes, partisans d'une défense populaire.

Sur le plan militaire, la guerre d'Espagne présente les caractéristiques suivantes. Il s'agit tout d'abord d'une guerre qui, sauf dans sa dernière phase, se déroule sur plusieurs fronts à la fois. La guerre comporte sur ces différents fronts une succession de phases de mouvement et de longues phases de guerre de position avec utilisation de tranchées. Il faut noter que les républicains, par tactique ou par obligation, sont souvent sur la défensive, en résistant d'ailleurs souvent bien. Leurs offensives sont presque toujours de faible ampleur, rapidement stopées voire contrées, et se traduisent souvent par des pertes  importantes. Cette situation contribue à affaiblir progressivement le camp républicain. Quand la guerre proprement dite commence, fin juillet 1936, tout semble bloqué mais l'aide extérieure de l'Allemagne et de l'Italie, futures puissances de l'Axe permet aux troupes du Maroc emmenées par Franco de passer le détroit de Gibraltar le 5 août et de rejoindre le reste de l'armée et 15 000 carlistes emmenés par Mola. Au total, 62 000 troupes du Maroc servirent dans les forces nationalistes dont 37 000 sont engagées au printemps 1937. Les troupes marocaines progressent vers le nord, en attaquant durement les villes et villages rencontrés. Simultanément, dans le nord du pays. Dans les zones contrôlées par la République, des mouvements de contre-offensive se lancent. Trois colonnes se forment pour essayer de reconquérir du terrain sur les territoires nationalistes ; la plus célèbre est sans doute la "colonne Durruti", du nom de son commandant, Buenaventura Durruti. Par ailleurs, les républicains ont reconquis Minorque mais échoué à prendre le contrôle du reste des Baléares.

En octobre, Franco doit faire un choix stratégique : aux portes de la capitale, il préfère cependant détourner ses troupes au sud, vers Tolède pour aller sauver les insurgés assiégés dans l'Alcazar. Ceci laisse le temps aux madrilènes d'organiser la défense. Lorsque les nationalistes encerclent Madrid en novembre 1936, la défense est acharnée : chaque rue est défendue (avec le célèbre slogan no pasaran). Autour de la capitale, plusieurs opérations ont lieu en février et mars 1937, en particulier la Bataille du Jarama et la Bataille de Guadalajara. Malgré des pertes très lourdes, la ville tient bon et en mars 1937, les nationalistes doivent se rendre à l'évidence : la prise de Madrid a échoué.

Ils décident donc de s'occuper d'abord des poches de résistances républicaines que sont le Pays basque et les Asturies. Une première campagne se déroule autour de Bilbao, que les républicains ont entourée d'une "ceinture de fer" qui a contribué à ralentir les nationalistes, qui parviennent finalement à prendre la ville le 19 juin et à contrôler le reste de la province dans les jours suivants. En août, les combats se portent dans la région de Santander, qui tombe le 26 août. Les Asturies restent alors seules dans le nord de l'Espagne à rester sous contrôle de la République. Cette petite zone résiste longtemps mais doit capituler le 17 octobre, laissant ainsi les forces nationalistes entièrement maîtresses de la côte Atlantique.

Entre temps, les républicains se lancent dans d'autres offensives difficiles, en particulier à Brunete et à Belchite, mais ces combats meurtriers ne leur permettent qu'une progression limitée. Dans les derniers jours de l'année 1937, les troupes républicaines engagent le combat pour Teruel qu'elles parviennent à prendre lors de combats qui se déroulent dans des conditions très rudes pour les deux camps la ville est reprise par les nationalistes après moins d'un mois. Après la reprise de Teruel, l'armée nationaliste poursuit l'offensive et parvient à gagner la côte, le 6 avril, coupant ainsi le territoire contrôlé par les républicains. Ceux-ci essaient encore d'attaquer lors de la bataille de l'Èbre  mais c'est un nouvel échec : les républicains sont contraints de repasser l'Èbre au prix de pertes importantes. Les nationalistes en profitent pour couper totalement en deux la zone républicaine

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Dès lors, le sort du conflit est scellé : la Catalogne est conquise en février 1939. Dans la capitale, un soulèvement anarcho-socialiste démobilise la résistance : Madrid est conquise avec peu de combats. Le reste de l'Espagne est enlevé dans le mois, les derniers combats ayant eu lieu à Alicante. Le 1er avril 1939, Franco peut annoncer la  fin de le guerre .

Publié dans le 20 eme siecle

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