des etat generaux a la prise de la bastille

Publié le par nc

Le 5 mai 1789, vers 8 heures, les représentants des trois ordres pénétrèrent dans la salle des Menus-Plaisirs à Versailles. En face de louis XVI, tenant tout le fond de la salle, se presse la grande masse des élus du tiers état Neuf mois plus tôt, Louis XVI, accablé par la détresse du Trésor, a décidé de convoquer les états généraux pour chercher en commun une solution aux problèmes financiers.Parmi les députés qui prendront le plus d'influence, on compte, pour le clergé, Grégoire Chapion de Cicé, Maury, Talleyrand; pour la noblesse, La Fayette, le duc d'Aiguillon, Clermont-Tonnerre, La Rochefoucauld-Liancourt; pour le tiers, Bailly, Barnave, Mounier, et surtout: le comte de Mirabeau.Arrivés à Versailles, les députés ont été reçus le 2 mai par le roi. Deux jours plus tard, ils ont participé à une procession solennelle, mais le tiers s'est déjà senti mal à l'aise à côté des privilégiés.Enfin, la première séance est ouverte. Le roi prononce une courte harangue, puis Necker, le ministre des Finances, expose trois heures durant les difficultés financières. mais les vrais problèmes n'ont pas été abordés. La journée terminée, la vérification des pouvoirs commence.  Le tiers demande en vain que ce travail se fasse en commun. la situation stagne. Enfin, le 10 juin, les membres du tiers décident de procéder seuls aux vérifications. Quelques représentants du bas clergé acceptent enfin d'aller les rejoindre et, le 17 juin le tiers se proclame Assemblée nationale et, à ce titre, prend d'autorité des décrets. Mais le roi, inquiet de ces initiatives, fit fermer le salon des états, sous prétexte de préparatifs en vue de la prochaine "séance royale". En fait, il s'agissait d'empêcher le tiers de se réunir.Le 20 juin, en arrivant devant la salle, les députés trouvèrent la porte gardée par des soldats. Ils gagnèrent un local tout proche, celui du jeu de paume, vaste pièce éclairée par de grandes fenêtres. Une fois réunis, Mounier leur proposa de jurer de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution au royaume. Monté sur une table, Bailly, qui présidait, répéta à haute voix la formule, puis tous les assistants clamèrent leur adhésion Le lendemain, ils allèrent s'installer dans l'église Saint-Louis, où 148 prêtres et quelques nobles vinrent grossir leurs rangs. Mais ce fut le 23 juin que le tiers montra sa volonté de tenir son serment. Prenant la parole devant l'Assemblée, Louis XVI cassa les décisions du tiers et interdit aux trois ordres de siéger en commun. Il promit pourtant quelques réformes Le souverain parti, le marquis de Dreux-Brézé, maître des cérémonies, rappela l'ordre royal. Aussitôt, Mirabeau lui lança la réplique devenue fameuse: " Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes !" Puis il demanda à l'Assemblée de se proclamer inviolable. Impressionné par cette fermeté, le roi capitula. " Eh bien, dit-il, s'ils ne veulent pas s'en aller, qu'ils restent !" Il ordonna même, le 27 juin aux privilégiés des deux autres ordres de se joindre au tiers, en une Chambre unique. Le 8 juillet, celle-ci nomma un comité de constitution et le 9, elle prit le nom d'Assemblée constituante.

Les députés, pour la plupart des bourgeois libéraux, s'étaient groupés selon leurs affinités politiques, mais sans former de "partis" : "aristocrates", "patriotes", "monarchiens", "constitutionnels", Enfin , à l'extrême gauche, trois hommes peu connus du public: Pétion, Buzot, Robespierre.Le 8 juillet 1789, un comité de constitution avait été créé, présidé par Mounier. Le premier problème posé fut celui de l'unité ou de la dualité du parlement: la majorité se prononça pour une Chambre unique. Le lendemain, elle accorda au roi le droit de veto suspensif, malgré l'opposition de la gauche, mais le comité de Constitution dut céder la place un second comité, plus démocrate.Entre-temps, les députés avaient voté l'abolition des privilèges  et adopté le texte de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Les mois suivants, de vifs débats se déroulèrent à propos d'autres importants problèmes: nationalisation des biens ecclésiastiques, création des assignats, prérogatives royales sur la paix et sur la guerre et, surtout, constitution civile du clergé. A mesure que les mois passaient, les divergences entre les groupes s'accentuaientAprès l'intermède de la Fête de la Fédération, voulue par l'Assemblée pour marquer l'union de tous les Français et dont l'euphorie ne fut qu'illusion, les membres de la Constituante continuèrent leurs travaux, mais ils se sentaient pris entre deux menaces: d'un côté, les émeutes populaires, de l'autre, l'offensive contre-révolutionnaire,. Les sources de conflits étaient nombreuses. La Constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790 après des discussions houleuses, signée à regret le 24 août par Louis XVI déchira les consciences et eut comme conséquence indirecte la fuite de la famille royale Après l'humiliante arrestation à Varennes et le retour forcé à Paris, les républicains demandèrent la déchéance du roi, mais les députés partisans de la monarchie constitutionnelle affirmèrent l'inviolabilité et l'irresponsabilité du souverain, prétendument "enlevé" des Tuileries. l'agitation aboutit à la fusillade du Champ-de-Mars qui creusa un fossé entre les modérés et les "patriotes".A l'Assemblée, par crainte des républicains, certains membres du centre gauche se rapprochèrent de la droite.  Ils tentèrent de réviser la Constitution en élevant notamment le cens électoral. Il fallait cependant en finir. La Constitution fut votée le 4 septembre 1791: dix jours plus tard, le roi l'accepta solennellement et prêta serment de fidélité à la nation. La tâche des députés était terminée. Au mois de mars précédent, ils étaient généreusement mais malheureusement convenus qu'aucun d'eux ne pourrait se faire élire à la nouvelle Chambre. Le 30 septembre 1791, l'Assemblée se sépara pour laisser la place à la Législative.Les membres de la Constituante avaient conscience d'avoir accomplis une œuvre immense. Ils avaient énoncés de grands principes: liberté, égalité des citoyens, respect de la propriété, souveraineté de la nation. Ils avaient transformé le système des contributions, réorganisé l'administration du royaume en divisant le territoire en départements …

 

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