la 5eme coalition

Publié le par nc

Ses défaites successives avaient convaincu l’Autriche de son infériorité militaire : aussi, après Austerlitz, confie-t-elle à l’archiduc Charles le soin d’y remédier. Celui-ci organise une armée de 300 000 hommes avec une réserve de 200 000 hommes. Comptant sur l’irritation de l’Allemagne, sur l’insurrection du Tyrol, sur la neutralité de la Russie, les subsides de l’Angleterre et surtout sur les embarras que causait à Napoléon la guerre d’Espagne, l’Autriche se décide à une lutte nouvelle avec l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal pour alliés. Elle met sur pied quatre armées : pendant que l’archiduc Charles avec 200 000 hommes opérere dans la vallée du Danube, l’archiduc Jean, avec 60 000 hommes envahira l’Italie ; l’archiduc Ferdinand, avec 30 000 hommes se portera dans le Grand-Duché de Varsovie, et Jellachich, avec 20 000 hommes soulèvera le Tyrol.

L’occasion semblait d’autant plus favorable que les troupes françaises, peu nombreuses en Allemagne, étaient dispersées sur une ligne s’étendant de Ratisbonne à Augsbourg

OPERATIONS EN BAVIERE

Dès le 10 avril 1809, l’archiduc Charles, espérant que cette dispersion de ses ennemis lui permettra de les détruire en détail, passe l’Inn avec 150 000 hommes, pendant que son lieutenant, Bellegarde, sortant de Bohème, s’avançait avec 50 000 hommes sur Ratisbonne, par la rive gauche du Danube.

L’archiduc franchit l’Isar à Landshüt, repoussant une division bavaroise qui est obligée de se replier derrière l’Abens, vers Neustadt. Il a l’intention de laisser un rideau de troupes devant Masséna et de se rabattre sur Ratisbonne pour attaquer Davout de front, pendant que Bellegarde déboucherait de Bohème sur les derrières du maréchal. Mais la lenteur de sa marche fait échouer ce plan habilement conçu. Napoléon, averti à temps, arrive sur le théâtre de la lutte à Donauwerth avec des renforts et les contingents de la Confédération, juste à temps pour conjurer les revers qui le menaçaient.


En Italie, l’armée de l’archiduc Jean, débouchant de la Carinthie, bat le prince Eugène à Pordenone et à Sacile , et le rejette sur la Piavve et l’Adige. Mais le prince Eugène, ayant reçu des renforts, rejette à son tour les Autrichiens derrière la Piave, les poursuit par le col de Tarvis et, leur infligeant une dernière défaite sur la Raab , les oblige à passer sur la rive gauche du Danube fort loin de l’archiduc Charles.

En Pologne, Poniatowski est d’abord battu par l’archiduc Ferdinand et contraint de lui céder Varsovie  ; mais il se jette en Galicie, insurge le pays et force l’archiduc à se replier sur Cracovie.

Dans le Tyrol, le soulèvement des paysans permet aux Autrichiens d’entrer à Insbrück ; mais le général Lefébvre, parti de Salzbourg, réprime l’insurrection et chasse Jallachich du Tyrol. Ce dernier cherche à rejoindre l’archiduc Jean, mais il se heurte à Saint-Michel - sur la Mürh - au prince Eugène qui l’écrase .

OPERATIONS EN AUTRICHE

Après la campagne des cinq jours, Napoléon marche sur Vienne par la rive droite du Danube, refoulant devant lui les troupes de Louis et de Hiller. Il franchit l’Inn et après l’horrible combat d’Ebersberg , il entre pour la seconde fois à Vienne . Mais cette fois les ponts avaient été détruits. Il faut traverser le Danube en présence de l’archiduc Charles qui occupe le Marchfeld. Napoléon désigne pour le passage le point d’Ebersdorf où le fleuve est divisé par plusieurs îles et en particulier par la grande île de Lobau, en deux bras principaux dont le plus considérable longe la rive droite. Dès le 19, un pont de bateaux est établi sur le grand bras, et Masséna occupe l’île de Lobau ; pour le passage du petit bras des ponts sont jetés à une boucle rentrante du fleuve, dont les extrémités sont gardées par les villages d’Aspern et d’Essling. Le 20 mai, Masséna, puis Lannes passent sur la rive gauche et occupent solidement les deux villages. Le 21, l’archiduc se porte en masse, avec 90 000 hommes et 300 canons, contre les 25 000 Français qui vont se trouver isolés de tout secours par la rupture des ponts du petit bras. Une lutte sanglante s’engage, mais les Autrichiens ne parviennent pas à les rejeter au Danube. Pendant la nuit, les ponts étant rétablis, des renforts peuvent arriver, et, le lendemain , l’Empereur fait attaquer les Autrichiens avec 50 000 hommes : le centre ennemi va être enfoncé quand le pont du grand bras est emporté par une crue violente et les corps flottants lancés par l’ennemi. Napoléon ordonne alors la retraite dans l’île de Lobau ; à force d’héroïsme  , il se maintiennent dans Aspern et Essling jusqu’à la nuit pour couvrir le mouvement ; mais ils ont des pertes énormes et Lannes a les deux genoux fracassés par un boulet : c’est Masséna qui dirige avec sa fermeté habituelle cette dangereuse opération.

Après sa défaite, l’archiduc Charles se retire sur la Thaya suivi par Masséna et Marmont. A Znaïm, il demande un armistice qui le 14 octobre est transformé en paix définitive par le traité de Vienne. L’Autriche perd Salzbourg et Braunau, les provinces Illyriennes, la Galicie.

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