le chemin des dames

Publié le par nc

Le 16 avril l'offensive commença. Après une préparation d'artillerie de neuf jours les troupes françaises se ruèrent à l'assaut.Le champ de bataille s'étendait du massif de Saint-Gobain à l'ouest, aux forts de Reims à l'est, et la montagne avec la ville de Laon en formaient le centre. au nord de l'Aisne s'élève un plateau, limité par des falaises et dont l'extrémité orientale, en forme de promontoire, porte le village de Craonne. la préparation et les tirs de contre-batteries avaient neutralisé l'artillerie adverse. Par contre, dès le début de la progression à travers les organisations ennemies, l’infanterie se trouva battue par de nombreuses mitrailleuses établies soit en plein champ, soit sous des abris qui avaient échappé à l’artillerie ; l’infanterie allemande très nombreuse garnissait la première position. au cours de combats très durs, la 5e Armée  elle s'était emparée de Courcy , Loivre et Berméricourt, elle avait pénétré dans la deuxième position entre l'Aisne et la petite rivière de la Miette.

Du côté de la 6e Armée, les 2 Corps colonial et 20e CA. réussirent à s'installer sur la crête du Chemin-des-Dames, mais sans pouvoir la dépasser, des îlots de résistance Plus au sud, les éléments de gauche des 20e et 6e Corps avaient été entraînés immédiatement dans un combat acharné,; Ils ne purent progresser que très lentement et ne dépassèrent pas les premières et deuxièmes lignes allemandes. A l'ouest, le 1e Corps colonial avait enlevé Laffaux et la ferme Moisy. il avait déjà exécuté, pendant toute la matinée, une série de contre-attaques partielles, extrêmement énergiques.

 

le 32e Corps d'Armée avait arrêté une violente contre attaque venant de la région de Prouvais; pris sous le feu de l’artillerie lourde, l'ennemi subit des pertes considérables. Malheureusement, les contre-attaques allemandes réussirent mieux dans la région de Juvincourt De même à la 6e Armée, le 1e Corps colonial sont revenu sur leur tranchées de départ à la suite des réactions ennemies.En somme, malgré que certains résultats obtenus fussent très honorables, les objectifs prévus n'étaient pas atteints. la supériorité de l'aviation allemande fut telle que les mortier francais et certaines batteries de 75 furent constamment survolés et bombardéIl en résulta que la 10e Armée ne put entrer en ligne Ses têtes de colonnes franchirent le canal et l'Aisne dès le matin. Le gros se massa en arrière de Merval, attendant pour avancer les positions d'Ailles, d'Hurtebise et de Craonne, fussent occupées par les troupes d'assaut françaises.Apprenant l'enlèvement de la première ligne et de Cerny-en-Laonnois, le général Duchêne avait ordonné la marche en avant.

L'Armée se heurta rapidement aux groupes de plus en plus nombreux de blessés gagnant l'arrière et apportant de mauvaises nouvelles : l'échec du 2e Corps colonial et celui du 1e Corps d'Armée, l’armé française s’arrêta le soir du 16 avril n'avait pas été un soir de victoire; la nuit qui suivit fut particulièrement pénible. Sur les positions conquises, il n'y avait d'autres abris que ceux, à moitié détruits, des Allemands L'évacuation des blessés fut difficile. Quant au Commandement, bien que les premiers renseignements recueillis fussent incomplets, parfois contradictoires et souvent tendancieux, il ne pouvait douter du résultat. une nouvelle action avait été prévue pour le 17 au matin. La 4e Armée  devait se déclencher à l'est de Reims. Le général Anthoine, qui la commandait, débuta par un succès, s'emparant du Cornillet, du Mont-sans-Nom, de la tranchée de Bethmann-Holweg et du mont Blond Le général Nivelle voulut alors tirer parti de la situation en fixant une orientation nouvelle à la bataille.  La 6° Armée avait progressé dans la région de Braye-en-Laonnois la 5e avait son 1e Corps d'Armée repoussé devant Craonne et contre-attaqué, mais sans succès. Quant à la 4e qui, malgré une violente bourrasque de pluie, avait débuté par une avance de deux kilomètres, elle voyait son mouvement enrayé à son tour les mitrailleuses ennemies.Dans les cinq jours qui suivirent, la situation ne se modifia pas d'une façon particulière. la 6eme Armée recevait la récompense de ses efforts et achevait tout d'un coup la conquête du plateau. Le fort de Condé, abandonné, fut repris. Quant à la 5e Armée, elle ne progressa pas, mais brisa une forte contre attaque La 4e Armée, réduisant quelques îlots de résistance, s'avançait au mont Haut et au mont Téton.Le 19, la 6° Armée affirme son succès lutte pour l'occupation de la sucrerie de Cerny.La 4° Armée occupe le mont Blanc, le Téton, le village d'Auberive  et progresse dans la direction de Laigue.Le 20, la 6e Armée se maintient sur ses positions conquises, la 5e Armée voit encore une de ses attaques échouer, et la 10e a du mal à tenir tête aux contre-attaque  Or, après sept jours, non seulement la brèche n'était pas ouverte, mais la continuation du mouvement vers le nord-est était devenue périlleuse, le Général français décida de continuer. le plan primitif subissait les variantes rendues nécessaires par les circonstances: Poussée vers le nord-est avec couverture du flanc menacé et coopération plus large des Anglais pour attirer au nord une bonne partie des réserves ennemies.L'offensive continuait, mais il n'était plus question de rupture.

Les jours suivants, d'une part, le Gouvernement interrogea le maréchal Douglas Haig, dont l'avis fut qu'il fallait absolument continuer la bataille sous peine de perdre le fruit des efforts et des sacrifices antérieurs et de donner à l'ennemi le temps de se redresser ; d'autre part, le général Nivelle, défavorablement impressionné, dut reprendre ses enquêtes et visiter à nouveau, l'un après l'autre tous ses généraux. Ayant reçu de chacun d'eux les explications nécessaires et l'affirmation de leur espoir dans le succès, l'attaque fut décidée et sa date fixée au 1e mai, « mais pouvant en cas de besoin, et à la demande des divisionnaires, être reculée ».La préparation d'artillerie commença le 28; le général Micheler devait fixer l'heure de l'attaque d'infanterie...

Le 29 avril, à cinq heures du soir, un coup de téléphone du Ministère enjoignait au Grand Quartier Général de surseoir à l'attaque, En même temps, le Général apprenait la nomination, comme chef d'état-major général, du général Pétain, avec lequel il devait s'entretenir de cette attaque avant de la déclencher.A cette entrevue du 30 avril, l'attaque prévue fut décidée C'était le coup de grâce, car l'opération devenait inutile. Supprimer l'attaque de Brimont, c'était abandonner le dégagement de Reims.Le 1e mai, le général Micheler fut prévenu que l'attaque de la 5e Armée serait limitée à l'enlèvement des hauteurs du mont Sapigneul et du mont Spin.Le 4 mai, le général Nivelle, fort des idées offensives émises la veille par les Gouvernements, fit reprendre la bataille.Ce jour-là, la 10e Armée enleva Craonne dans un assaut magnifique, puis essaya d'aborder le plateau de CalifornieLa 5e Armée, déployée à 6h30 du matin, enfonça la première ligne ennemie, mais dut ensuite reculer. Le soir, cependant, elle conservait une partie de sa conquête , le Mont Spin La 4e Armée, de son côté, avait progressé sur les pentes du mont Blond et du Cornillet par le 1e regiment de zouaves et 2e régiment mixte qui finirons de l’investir définitivement le 14 maiLe lendemain 5 mai, la 10e Armée, attaquant de nouveau avec le même élan, achevait la conquête du plateau, atteignait les crêtes dominant la vallée de l'Ailette et faisait 7.000 prisonniers.La 4e Armée, après une lutte pénible, réussissit à s'emparer du mont Blond.Enfin, la 6e Armée, sous le commandement du général Maistre,  entrait dans la lutte. Avec le secours des chars d'assaut  qui surent profiter des expériences précédentes et agirent espacés, de façon à pouvoir évoluer sans se gêner et sans offrir une cible trop facile au canon ennemi, elle remporta un véritable succès.

5 au 10 mai, les positions furent maintenues, malgré de nombreuses et fortes contre attaques dans la région de Laffaux, aux abords de la ferme Froidemont, au nord de Braye à Verneuil et sur le front de la Bovelle.Les gains obtenus étaient importants, bien qu'ils ne le parussent pas suffisamment tant on les avait espérés supérieurs: Conquête des premières positions et d'une partie des secondes lignes, des plateaux de Craonne et de Vauclerc, où l'ennemi avait eu l'ordre de tenir jusqu'au bout. Sur 12 kilomètres le long de l'Aisne, de Soupir à Missy-sur-Aisne, notre ligne, placée au sud de la rivière, était avancée de 6 à 7 kilomètres; le fort de Condé qui domine les vallées de l'Aisne et de la Vesle, les villages de Chivy, Braye-en-Laonnois, Ortel, Chavonne, Vailly, Celles, Condé-sur-Aisne, Laffaux, Nanteuil-la-Fosse, Saucy, Jouy, Aizy étaient tombés entre nos mains.La voie ferrée de Soissons à Reims se trouvait dégagée. Les observatoires que l'ennemi possédait sur la vallée de l'Aisne nous appartenaient, ainsi que d'autres sur le Chemin-des-Dames, nous donnant des vues dans la vallée de l'Ailette et au delà.Nous avions enlevé 40.000 prisonniers, 500 canons et un millier de mitrailleuses.Il en résultait une usure de l'Armée allemande assez considérable puisque, des cinquante-deux divisions disponibles et fraîches avant le 16 avril, il n'en restait plus que 12 le 25 avril

A l'intérieur de l'Empire, un grand découragement naissait: les Allemands avaient l'impression que, devant Arras et l'Aisne, leurs Armées venaient de subir de graves échecs. Les pertes avaient été très élevées. Plusieurs grands chefs allemands avaient été relevés de leur commandement. Des troubles éclataient à Berlin; et, dans les centres industriels, des grèves menaçaient.

ces pertes étaient proportionnellement moins fortes que celles des autres offensives. Celle-là, exécutée sur un front de 30 kilomètres, entraîna la mise hors de combat de 108.000 hommes. Celle de Champagne, en 1915, sur un front de 40 kilomètres, avait coûté 128.000 hommes.

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