bataille de castillon

Publié le par henri

À la suite de la reconquête de la Normandie, les Français dirigent leurs efforts vers la seule région encore aux mains des Anglais. La Guyenne est presque reconquise par les Français, mais les exigences de Charles VII font regretter la tutelle anglaise.
Henri VI charge John Talbot de la reconquête. Après une rapide campagne, Bordeaux est reprise le 23 octobre 1452. Castillon accueille les Godons. La situation anglaise reste cependant très difficile puisque leur pays est proche de la guerre civile, ce qui limite les renforts.
Les Français décident de contre-attaquer l'été suivant en lançant quatre colonnes vers Bordeaux. L'une d'entre elles avance par la vallée de la Dordogne, prennent Gensac le 8 juillet 1453, approchent de Castillon, ville fortifiée, mais ne l'assiègent pas. Ce comportement rompt avec leur stratégie offensive qui a déjà permis d'emporter plusieurs places-fortes. Leur objectif n'est plus de conquérir Castillon et la Guyenne, ville par ville. Il est de détruire l'armée de Talbot et de régler ainsi en un unique engagement le sort de l'Aquitaine.

L'armée franco-bretonne s'établit à 1,8 km à l'est, dans la vallée, sur la rive droite de la Dordogne. Elle comprend environ 10 000 hommes 1 800 lances, des francs-archers, une artillerie de 300 pièces servies par 700 manœuvriers auxquels il faut ajouter l'armée bretonne de 1 000 hommes dont une cavalerie de 240 lances. L'emplacement choisi offre d'incontestables avantages. Au nord, il s'adosse à la Lidoire, petite rivière aux rives escarpées. À l'ouest, au sud et à l'est, un fossé l'entoure : 1,6 km de long, 5 à 6 m de large, 4 m environ de profondeur
Les forces de Talbot comptaient au moins 6 000 hommes à Bordeaux, et se grossirent certainement d'environ 3 000 hommes supplémentaires fournis par les contingents gascons le rejoignant au dernier moment. Les Anglo-Gascons, accrurent leur nombre par paquets, au fur et à mesure des arrivées des troupes à pied sur les lieux.

Averti par les Castillonnais de l'arrivée des Français, Talbot, à Bordeaux, hésite, puis se décide à les attaquer. Il couche à Libourne et le matin du 17 juillet se dissimule dans les bois dominant le prieuré. Comme les Castillonnais le lui ont conseillé, il se précipite et bouscule la faible garnison de Saint-Florent. Celle-ci s'enfuit et s'efforce de rejoindre le camp.
Talbot s'apprête à entendre la messe, lorsqu'on lui rapporte que les Français s'enfuient, abandonnant le camp retranché. De fait, des nuages de poussière s'élèvent à l'est, dans la plaine au-dessus de la position tenue par les Français. Trompé par ces apparences, Talbot n'hésite plus et se précipite avec les troupes dont il dispose afin de mettre les Français en déroute.
Avançant jusqu'à la contrescarpe du fossé, les Anglais essaient de planter l'étendard de Talbot à l'entrée du camp français. L'artillerie des Français, commandée par les frères Gaspard et Jean Bureau, a eu le temps de se préparer : 300 pièces tirent à la fois, chargées à mitraille. Le carnage est effrayant. Les assaillants sont pressés les uns contre les autres, ils ne peuvent ni s'échapper ni se dissimuler. Courageusement, les survivants se regroupent mais de nouvelles décharges jettent la débandade parmi eux. L'artillerie de Talbot ne put jamais arriver à temps. Aussi dur et meurtrier que fût le feu de l'artillerie à l'encontre des Anglo-Gascons, ces braves réussirent à continuer la lutte pendant environ une heure jusqu'au milieu de la journée, mais au bruit de la canonnade, les Bretons en réserve à Horable, chargent avec leur cavalerie et précipitent la déroute.
Les Français ouvrirent alors les barrières et poursuivirent les Anglais. Dans la mêlée qui s'ensuit, Talbot, dont la haquenée avait été tuée par un boulet, est précipité à terre et est achevé par un archer français. Le fils de Talbot fut aussi tué.

Les survivants (4 000 morts au moins restèrent sur le champ de bataille) s'enfuient, les uns en franchissant la Dordogne, les autres en refluant vers l'ouest, d'autres enfin, en s'abritant dans la place de Castillon-la-Bataille. mais le 18 juillet, les Français avançant quelques pièces d'artillerie sous les murs obtiennent la reddition de la ville.
Talbot disparu, toutes les places tenues par les Anglais capitulent et Bordeaux se rend sans effusion de sang.
Cette bataille scelle le retrait des Anglais et permet d'asseoir l'autorité du roi de France. Pour l'Aquitaine, les conséquences ne sont pas bénéfiques. Les Castillonnais perdent leurs privilèges. Ils seront reconstitués petit à petit.
Dans le domaine militaire, cette victoire, fruit d'une stratégie nouvelle, met en valeur le rôle important de l'artillerie, l'action percutante de la cavalerie quand elle est utilisée au moment opportun.

Publié dans moyen age

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