la fronde

Publié le par henri

La Fronde naquit tout d'abord d'un mécontentement général. Celui-ci prenait sa source dans la crise économique et l'augmentation de la pression fiscale nécessaire afin de faire face aux dépenses de la guerre de Trente Ans. Sa cause la plus directe doit pourtant être cherchée dans les moyens utilisés par la monarchie pour lever l'impôt.
Après la mort de Louis XIII le surintendant des finances, Particelli d'Émery, élargit l'assiette de nombreux impôts.
Face au gouvernement royal, se dressait d'abord la famille royale. Gaston de France, oncle du roi, ne cachait pas son opposition à Mazarin, non plus que sa fille, la Grande Mademoiselle. Le Grand Condé et sa sœur, la duchesse de Longueville, lorgnaient le Conseil royal. Mgr de Gondi, futur cardinal de Retz était ambitieux. Il voulait un rôle politique et le chapeau de cardinal. Le Parlement de Paris livrait une véritable guerre à la régence au sujet de l'impôt.  
Le 15 janvier 1648, Anne d'Autriche vint au Parlement tenir un entretien avec le roi. Il s'agissait de forcer l'enregistrement d'édits fiscaux. Le lendemain, le Parlement annula le lit de justice. Les Cours rendirent le 13 mai « l'arrêt d'union », réunissant les cours en une seule assemblée, qui se rassembla dans la chambre Saint-Louis du Palais de justice. Les magistrats y rédigèrent une liste de 27 articles, exigeant le renvoi des intendants, la soumission obligatoire des levées d'impôts à l'approbation des cours, ou encore des garanties de libertés individuelles.
 
La régente céda tout d'abord. Pourtant, le 20 août, après la victoire du Grand Condé sur les Espagnols à Lens, Mazarin se sentit en position de frapper un grand coup. Le 26 août, il fit arrêter les meneurs de la Chambre Saint-Louis, y compris le vieux président Pierre Broussel, qui était très populaire. La nouvelle de l'arrestation enflamma Paris et déclencha la "journée des barricades". Mazarin fut contraint de libérer Broussel. Anne d'Autriche déménagea prudemment avec la Cour, le 12 septembre, au Rueil. Le 24 octobre, elle dut céder et accepter les articles de la Chambre, ramenés à une quinzaine, par une déclaration royale confirmant celle de juillet. Le roi rentra à Paris.
Mazarin ne s'avoua pas vaincu et fit appel aux 4 000 mercenaires allemands de l'armée de Condé. De son côté, Mgr Gondi se démenait pour organiser la Fronde. Il proposa à Condé d'en prendre la tête. Celui-ci refusa, répondant qu'il « ne pouvait se résoudre à devenir le général d'une armée de fous ». Gondi dut se contenter de Conti, le frère cadet.
De nouveau, la Cour migra, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, cette fois au château de Saint-Germain-en-Laye.
Épouvantés par la suite des événements, les présidents Molé et de Mesmes supplièrent Anne d'Autriche de négocier. Mazarin signa un accord avec eux. En même temps, il demanda au banquier Barthélémy Herwart de débaucher les officiers de l'armée d'Allemagne. 1,5 million de livres enlevèrent huit régiments à Turenne, qui s'exila. Le 7 mars 1649, il fut déclaré coupable de crime de lèse-majesté. Gondi négocia dans l'urgence un codicille assurant à lui et à ses amis des titres, places et autres honneurs. Le président Molé rendit public le codicille, excitant l'indignation dans Paris. Anne d'Autriche put donc signer la paix de Rueil le 11 mars 1649.
Le Grand Condé par David Teniers le JeuneLe prince de Condé était, avec Gaston de France, le grand vainqueur de la Fronde parlementaire. Il contraignit la reine à octroyer des honneurs à son frère Conti et à sa sœur, Madame de Longueville. Une querelle de préséance déclencha une vive émotion dans la noblesse. L'agitation qui s'ensuivit produisit un « acte d'Union » signé par plus de 800 gentilshommes. L'idée de convoquer les États généraux pour réformer le royaume fut lancée. Après une nouvelle insolence de Condé, Anne d'Autriche le fit arrêter, ainsi que Conti et le duc de Longueville le 18 janvier 1650. Les princes furent emprisonnés au château de Vincennes.
 
En revanche, en province, la Fronde se ralluma. La duchesse de Longueville s'enfuit en Normandie, accompagnée du duc de La Rochefoucauld. Turenne resta fidèle à Condé. Mazarin réagit en distribuant les gouvernements à ses fidèles, ou à d'anciens Frondeurs à ménager. Pour décider la noblesse des provinces à rester fidèle à la régente, celle-ci emmena Louis XIV avec elle faire le tour de la France. La duchesse de Longueville rejoignit Turenne sur la Meuse et signa un accord avec Philippe IV d'Espagne. L'armée de Turenne fit sa jonction avec celle de l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg, gouverneur des Pays-Bas espagnols. Devant la montée en force de la Fronde des princes, la reine emmena le roi en Guyenne. Elle laissa à Monsieur la lieutenance générale du royaume. Le 5 septembre, le siège de Bordeaux commença.
À Paris, le cardinal commit l'erreur de refuser la barrette de Cardinal à Mgr de Gondi. En décembre 1650, le Parlement réclama à la reine la libération des princes et le renvoi de Mazarin. Celui-ci dut se résoudre à fuir le 6 février vers Saint-Germain. La reine et le roi devaient l'y retrouver. Monsieur eut vent du projet et le dénonça à Gondi. Dans la nuit du 8 au 9, les milices bourgeoises fermèrent les portes de Paris. elles voulurent vérifier que le roi ne se préparait pas à partir. Devant l'émeute, Anne d'Autriche dut laisser deux des meneurs veiller dans la chambre du roi. Le 10 février, les princes furent libérés. Le 17, le Parlement ouvrit le procès de Mazarin. 
Dans le courant du mois, des réunions informelles de gentilshommes se tinrent à Paris. Monsieur s'en fit le porte-parole. La noblesse réclamait la tenue d'États généraux. Son rêve était une monarchie mixte, où l'aristocratie jouerait le rôle principal. Ces perspectives ne réjouissaient personne, pas même les meneurs de la nouvelle Fronde. Condé refusa de se proclamer régent.
Enfin, le 7 septembre 1651, Louis XIV fut déclaré majeur. 
Le 6 septembre 1651, le prince de Condé s'était retiré à Trie-Château, chez le duc de Longueville. Il signa un accord avec les Espagnols, promettant de livrer un port français, Bourg-sur-Gironde, contre 500 000 écus pour lever des troupes. La reine et le roi durent de nouveau partir en campagne. En janvier 1652, Anne d'Autriche rappela Mazarin.la rentrée inopinée de Mazarin échauffa de nouveau Paris. Le Parlement mit sa tête à prix. Monsieur signa avec Condé un manifeste réclamant l'expulsion du cardinal. Condé essaya de surprendre l'armée royale sur la Loire, mais fut défait par Turenne à Bléneau le 7 avril 1652.
 
Le duc, Charles IV de Lorraine pénétra en France en mai, pour le compte des Espagnols. Son but était de désengager l'armée des princes, encerclée par Turenne à Étampes. Le 2 juillet, alors qu'un combat se livrait dans le faubourg Saint-Antoine, la Grande Mademoiselle fit donner le canon sur la cavalerie royale et sur les hauteurs de Charonne, d'où Louis XIV et Mazarin observaient l'action. Condé put ainsi se retirer dans la ville, qui fut soumise au pillage.
Devant la fatigue générale, Mazarin décida prudemment de se retirer à Bouillon pour calmer le jeu. Devant la formation d'un parti déterminé à ramener l'ordre à Paris, Condé quitta la France pour la Flandre et se mit au service de l'Espagne. Le 21 octobre 1652, Louis XIV entra triomphalement à Paris. Il s'installa au Louvre. Mgr Gondi, qui avait été fait cardinal de Retz le 21 septembre 1651 par le pape Innocent X, fut aussitôt jeté en prison au château de Vicennes. Condé fut déchu de sa qualité de prince du sang et condamné à mort mais il fut gracie. Condé dut épouser une nièce de Mazarin pour éviter la disgrâce. La Grande Mademoiselle se cloîtra au château de Saint-Fargeau, où elle resta jusqu'en 1657. Un lit de justice interdit aux magistrats de « prendre aucune connaissance des affaires de l'État ». Mazarin, rentré à son tour le 3 février 1653, fut applaudi. Bordeaux, dernière ville frondeuse, tomba en juillet 1653.
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