paris

Publié le par henri

Paris a pour origine un village de pécheurs celtes. La tribu des Parisii s'installa au 3è siècle avant J.-C. dans l'île de la Cité, la fortifia et l'appela Lutetia. En 52 av. J.-C., Lutèce tomba aux mains d'un lieutenant de Jules César.
La ville fut fortifiée et commença à s'étendre sur la rive gauche de la Seine : c'est là que furent édifiés les thermes dits aujourd'hui de Cluny  et les arènes de Lutèce.

reconstitution de Lutèce

le christianisme fut introduit par saint Denis, premier évêque de la ville, qui fut décapité par les Romains en 280. Menacés par les invasions barbares, les Parisiens résistèrent en 451 aux Huns d'Attila sous l'inspiration de sainte Geneviève qui devint la patronne de la ville.
En 486, Clovis s'empara sans combat de Paris et en fit la capitale du royaume des Francs. Mais la ville fut délaissée par les derniers rois Mérovingiens. Elle déclina surtout sous la dynastie des Carolingiens, Charlemagne ayant choisi comme capitale Aix-la-Chapelle. Les habitants abandonnèrent la rive gauche où ne restèrent que des établissements religieux comme la puissante abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Au 9è siècle, les Normands ravagèrent à plusieurs reprises la région de Paris : la cité fut soumise à un long siège viking en 885.
En 861 Paris était passée dans le patrimoine des Capétiens, qui accédèrent au trône de France avec Hugues Capet en 987. Paris fut d'abord la capitale d'un tout petit royaume, que les Capétiens s'efforcèrent d'agrandir en s'imposant aux autres grands seigneurs. Aux 11è et 12è siècles, la ville connut une renaissance commerciale et urbaine.

La ville reprend alors son expansion sur les deux rives du fleuves, notamment sur la rive droite. A la fin du 12è siècle, Philippe Auguste crée des fontaines, fonde le marché des Halles  et fait paver les rues importantes. Pour protéger la ville, il fait édifier un puissant rempart renforcé par la forteresse du Louvre. Pendant plus de sept siècles, Paris est restée une ville fortifiée, ce qui explique sa forme circulaire, la densité de l'occupation du sol, la rareté des espaces libres et des jardins.
L'importance du ravitaillement par voie fluviale donnait un pouvoir important à la "guilde des marchands de l'eau" qui reçut du roi, en 1170 le monopole de tout le trafic fluvial entre Mantes et Corbeil. Le roi, lui, était représenté par le prévôt de Paris résidant dans la forteresse du Châtelet. Les deux autorités furent souvent rivales.
C'est à cette époque que se crée la différenciation encore actuelle de Paris : la ville médiévale se divise alors entre la rive droite commerçante, la Cité siège du pouvoir politique et religieux, et la rive gauche universitaire et intellectuelle. A partir de 1250, une soixantaine de collèges abritent 700 personnes et leur assurent gîte, couvert. L'université de Paris est alors l'un des grands centres intellectuels de la chrétienté médiévale. Avec 80 000 habitants, Paris devient au 13è siècle la plus grande ville de l'Europe chrétienne.
Mais le 14è siècle ouvre des temps plus sombres : la population est éprouvée par la famine de 1315-17 et par la peste de 1348-49. La guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre fait de la capitale un foyer d'agitation. Le roi Charles V construit une nouvelle enceinte rive droite afin de protéger les nouveaux faubourgs contre les Anglais : la muraille est renforcée par les forteresses de la Bastille et du Louvre. Paris connaît par la suite de nouveaux troubles. En 1420, la ville est occupée par les Anglais auxquels elle se montre plutôt favorable. Vainement assiégée par Jeanne d'Arc en 1429, Paris n'est reprise aux Anglais qu'en 1436
paris ne retrouvera son rôle de capitale que sous François Ier au siècle suivant.
La paix et la prospérité reviennent dans la seconde moitié du 15è siècle, dans un royaume à nouveau unifié.
Le 16è siècle connaît un nouvel élan lorsque le Valois François Ier revient résider dans la capitale après 1530, la cour restant itinérante dans les châteaux royaux au gré des saisons. Il fait abattre le vieux Louvre pour le transformer en palais Renaissance. Ouverte aux idées de la Renaissance, la ville connaît à nouveau un grand rayonnement intellectuel et culturel grâce à l'essor de l'imprimerie, au travail de nombreux poètes et savants humanistes dont les plus éminents enseignent au nouveau Collège de France.
Image:Plan de Paris 1223 BNF07710747.png

les passions religieuses divisent la cité à partir de 1534 entre catholiques et protestants. Le peuple massacre les huguenots à la Saint-Barthélemy en 1572, se range dans le camp catholique de la Ligue, se soulève à l'annonce de l'assassinat de son chef, le duc de Guise en 1588, et proclame la déchéance du roi Henri III. Henri IV n'entre à Paris qu'après avoir abjuré sa foi protestante.
les Bourbons encouragent l'embellissement de la ville. Lors de son règne au début du 17è siècle, Henri IV poursuit le Louvre et le château des Tuileries commencé par Catherine de Médicis. Le monarque achève l'Hôtel de Ville et le Pont-Neuf, fonde un nouveau type de places géométriques et homogènes avec la place Royale et la place Dauphine. Le rayonnement culturel de la capitale se renforce sous Louis XIII avec la création de l'Imprimerie royale en 1620, du Jardin des Plantes et de l'Académie française. Louis XIII crée de nouvelles fortifications rive droite pour permettre à la ville de s'agrandir : de nouveaux quartiers remplacent la campagne dans le faubourg Saint-Honoré, l'île Saint-Louis, le Marais, le Faubourg Saint-Germain. Richelieu se fait construire le Palais-Cardinal, Marie de Médicis déménage au palais du Luxembourg.
Pendant la minorité de Louis XIV, Paris est affectée par les troubles de la Fronde. le Roi-Soleil n'oublia jamais qu'il avait dû fuir, encore enfant, la capitale. Il bouda Paris et s'installa à Saint-Germain, puis à Versailles en 1680. Avec ses 500 000 habitants, Paris resta cependant le centre de la vie intellectuelle et ne cessa de s'embellir : Les constructions majestueuses se poursuivirent sous l'autorité de Colbert, qui fit appel à de grands architectes comme François Mansart et Claude Perrault. Le siège du gouvernement resta à Versailles jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Cette distance contribua d'ailleurs à rendre la monarchie étrangère aux évolutions de son peuple.
Au 18è siècle, Paris devient le foyer des idées philosophiques des "lumières".
De nouveaux édifices sont construits : l'Ecole militaire, l'Odéon, le futur Panthéon, Saint-Sulpice. En 1785, les fermiers généraux chargés de percevoir l'octroi, péage payé par les marchandises entrant dans Paris, font édifier par Ledoux les rotondes de la nouvelle enceinte, Dépourvu de fonction défensive, ce mur délimita Paris jusqu'à 1860.

La Révolution française replaça d'un coup Paris à la tête de la France. La capitale fut le théâtre de la plupart des événements révolutionnaires et la victoire des Jacobins sur les Girondins accentua le mouvement de centralisation.
La cocarde tricolore fut constituée des couleurs de la Ville de Paris, le bleu et le rouge, entrelacées du blanc monarchique. Paris prétendait ainsi se substituer au reste du pays, et représenter seul la nation tout entière, les Parisiens ne pouvaient plus prétendre à jouir de la même autonomie que les habitants des autres villes. Ils s'étaient liés au pouvoir central. Napoléon en tira les conséquences en soumettant Paris à un statut spécial, sans maire ni conseil municipal, sous la tutelle d'un préfet de la Seine et d'un préfet de police directement aux ordres du gouvernement.
Napoléon n'eut pas le temps de réaliser tous ses projets de grandeur pour la capitale : il commença l'Arc de Triomphe, la Bourse, la colonne Vendôme, les canaux de l'Ourcq, Saint-Martin et Saint-Denis. Il fit détruire les vieilles maisons des ponts et les rives de la Seine pour retrouver la vue sur le fleuve.
A la suite des guerres napoléoniennes, Paris fut occupée en 1814 et 1815, ce qui ne lui était plus arrivé depuis quatre siècles. Aussi les Parisiens accueillirent avec soulagement le retour des Bourbons. La ville entama une période de fort accroissement : elle passa de 600 000 habitants en 1800 à un million dès 1846, uniquement en raison de l'afflux des provinciaux. L'accroissement démographique de la France au 19è siècle fut presque entièrement absorbé par la capitale. Mais les structures de la ville sont encore celles du Moyen Âge et Paris devient une ville surpeuplée et insalubre. Les révolutions de 1830 et de février 1848 voient l'alliance des ouvriers et de la bourgeoisie parisienne contre la monarchie. La coupure se produit avec l'insurrection socialiste de juin 1848 et la répression qu'elle entraîne.
Image:Plan de Paris Cahiers de géographie de Saint-Cyr.jpg

C'est le second Empire qui transforma Paris et lui donna son visage actuel. Napoléon III confia à Georges Haussmann la direction des travaux, de 1853 à 1869. Le préfet de la Seine devait faire de Paris une grande capitale moderne, adaptée aux transports modernes, assainie et aérée de parcs. Détruisant les vieux quartiers centraux médiévaux, Haussmann créa des percées nord-sud et est-ouest qui devaient relier visuellement les points forts de la ville. Il fit aménager le train de Petite ceinture aujourd'hui délaissé. Les ingénieurs Alphand et Belgrand aménagèrent un nouveau réseau d'eau potable captant des sources d'eau en amont de la Seine, un réseau d'égouts modernes, 2000 hectares de parcs et jardins. Le préfet créa de nouveaux équipements : des théâtres, l'opéra Garnier, deux hôpitaux,ainsi que des mairies. Napoléon III confia à Baltard le réaménagement des Halles centrales.
Paris atteignit alors les fortifications construites par Thiers en 1845. Annexant en 1860 les communes périphériques comme Auteuil, les Batignolles, la Villette, Charonne, Haussmann créa l'actuelle division administrative en 20 arrondissements en prenant soin de diviser certaines communes trop remuantes. Ces nouveaux quartiers encore ruraux s'urbanisèrent alors : ils furent notamment habités par les ouvriers chassés des quartiers centraux par l'augmentation des loyers.
L’Empire s'acheva piteusement en 1870 par la guerre franco prussienne, l'arrestation de l'Empereur, la proclamation de la République le 4 septembre 1870 et le siège de Paris. L'exaspération du siège et le défilé allemand provoquèrent l'insurrection de la Commune de mars à mai 1871. En butte au nouveau gouvernement transféré à Versailles, les Communards incendièrent de nombreux monuments, notamment l'hôtel de Ville et le château des Tuileries.

La fin du siècle est marquée par l'apaisement et l'installation d'une IIIè République modérée. A partir de 1878, les grandes Expositions universelles scandent les progrès scientifiques et techniques. Celle de 1889, dont le clou est la Tour Eiffel marque l'apogée de l'architecture de fer. L'Exposition universelle de 1900 lègue à la capitale le Grand et le Petit Palais ainsi que la première ligne de métro décorée par Guimard. En 1910 s'achève la construction de la basilique du Sacré-Coeur. La ville connaît un nouveau foisonnement culturel et artistique notamment avec les peintres impressionnistes. Le maximum de population est atteint en 1911, avec près de 2,9 millions de Parisiens.
Lors de la première guerre mondiale, Paris est préservée de l'invasion allemande par la victoire de la Marne, à laquelle ont contribué les taxis parisiens. En 1919 la Ville démolit le mur d'enceinte de Thiers. La vaste zone non-aedificandi est remplacée par les boulevards des Maréchaux, la ceinture de HBM de briques roses et beiges, et par la "ceinture verte" de Paris où s'élèvent des équipements sportifs. Le Bois de Boulogne et de Vincennes sont annexés et Paris trouve son allure actuelle.
Pendant l'entre-deux-guerres, le rayonnement littéraire et artistique de Paris dépasse les frontières : les artistes de l'Europe entière affluent à Montmartre et à Montparnasse.
Pendant la deuxième guerre mondiale, Paris est occupé par la Wehrmacht en juin 1940. Malgré les difficultés d'approvisionnement, les arrestations de juifs, les exécutions d'otages, la capitale poursuit sa vie littéraire et théâtrale. Le 25 août 1945, von Choltitz signe la reddition des forces allemandes à la gare Montparnasse.
Depuis 1945, l'évolution architecturale de Paris est la même que dans toutes les villes françaises : des tours et des barres massives et monotones dans les années 1950 et 1960, des immeubles modernes plus élaborés dans les années 1970
Les années 1980 ont marqué un retour aux gabarits classiques "haussmanniens".
Dans le même temps, de nombreux quartiers anciens furent "rénovés". Malraux a lancé les campagnes de ravalement dans le Marais. A côté de ces quartiers anciens en voie de muséification, la Mairie de Paris souhaite aujourd'hui également préserver les quartiers à l'architecture plus anodine, mais à la vie sociale active, comme le quartier de Montorgueil ou le faubourg Saint-Antoine.

Suite à la normalisation de son statut en 1977, Paris a élu Jacques Chirac comme premier maire depuis la Révolution. Depuis 1982, le statut politique de Paris a de nouveau changé : la capitale a été divisée en 20 mairies d'arrondissement : les électeurs choisissent 350 conseillers d'arrondissement qui élisent les maires d'arrondissement et 613 conseillers municipaux qui élisent le maire de Paris.
les présidents de la Vè République ont également laissé leur empreinte dans le paysage urbain de la capitale : après les ambitions de de Gaulle pour la région aéroport de Roissy. Valéry Giscard d'Estaing a choisi le projet du musée d'Orsay pour occuper l'ancienne gare d'Orsay. Il a aussi opté pour la reconversion des abattoirs de la Villette en Cité des sciences. Ces 15 dernières années ont été marquées par le programme des grands travaux de François Mitterrand. Il a inscrit dans Paris des bâtiments imposants souvent inspirés de formes géométriques pures : l'Arche de la Défense, la pyramide du Louvre, l'opéra Bastille, la " grande bibliothèque", le Ministère de l'Economie et des finances de Bercy.
Ces monuments font de la capitale une destination touristique choisie chaque année par plus de 30 millions de visiteurs, tandis que la population parisienne ne cesse de décroître, dépassant désormais de peu les 2 millions d'habitants.

Publié dans l'histoire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article