mai 68

Publié le par henri

En novembre 1967, un mouvement étudiant demande une amélioration des conditions de vie des étudiants. Ce mouvement rencontre peu d'écho.
En 1968, le « mouvement du 22 mars » se fait connaître ce jour-là en occupant les locaux de l'université de Nanterre.
Sur le plan sociologique la dynamique de groupe s'est répandue pendant les années soixante dans les formations des responsables de toutes les organisations et des entreprises. La mode est au débat.
Au plan économique on arrive bientôt à l'apogée des « trente glorieuses », années de reconstructions après la deuxième guerre mondiale. La société de consommation s'est installée sans qu'on prenne vraiment conscience de toutes ses implications et des déséquilibres mondiaux qui se développent.
Au plan politique, les Français viennent de découvrir le vote au suffrage universel pour élire le Président de la République et les référendums pour que chacun donne son avis. Le climat international est accaparé par la guerre froide.

Le 3 mai, la Sorbonne, occupée par des manifestants et risquant une éventuelle attaque des mouvements étudiants d'extrême droite est évacuée par une intervention policière musclée : plusieurs centaines d'étudiants sont arrêtés.
Les étudiants réagissent aussitôt par des manifestations violentes contre les forces de l'ordre : jets de pavés, puis barricades. Ces manifestations reprennent ensuite à l'annonce de peines de prison pour les manifestants.
Le président du SNE-Sup (syndicat des enseignants du supérieurs), Alain Geismar, décide de soutenir les manifestants. Les membres du Parti communiste et des organisations d'extrême gauche sont d'abord pris de court. Après un moment de flottement, ils essayent toutefois de gagner les ouvriers à cette « révolte ». La CGT, pour sa part, ne les suit pas.
Le 13 mai une immense manifestation traverse Paris. Le Syndicat CFDT parle d'un million de manifestants. La préfecture de police n'en concède même pas deux cent mille. La grève s'étend rapidement dans le courant du mois : C'est la première fois qu'une grève générale paralyse un pays parvenu au stade de la société de consommation. Le Parti communiste dénonce les manifestations étudiantes, où il voit une manipulation de l'extrême-gauche.
La population, face à la repression policière, a tendance à prendre fait et cause pour les étudiants, malgré les barricades et les destructions de dizaines de voitures et du mobilier urbain.
Le chef de l'État, le Général de Gaulle, en voyage officiel en Roumanie au début des événements, n'accorde initialement pas beaucoup d'attention à ces manifestations. Il laisse son Premier ministre Georges Pompidou s'en occuper. Celui-ci interrompt un autre voyage officiel à l'étranger pour faire face à la situation. Il exige que les forces de police quittent la Sorbonne, afin de calmer la situation. De Gaulle reste à l'écart en se réservant la possibilité d'intervenir si besoin.
Le Premier ministre Georges Pompidou propose de dissoudre l'Assemblée Nationale, pour organiser de nouvelles élections législatives. De Gaulle se range à cet avis et l'annonce par la radio dans un discours bref qui change brusquement la donne.
Le 30 mai est organisée une marche de soutien au gouvernement, menés par André Malraux et Michel Debré. Elle réunit trois cent mille manifestants selon la préfecture de police et un million selon les gaullistes.

Les accords de Grenelle :
Une augmentation de 35 % du SMIC et de 10 % des salaires, la réduction du temps de travail, sont entre autre conclues lors des accords de Grenelle, suite à des négociations menées en particulier par le jeune haut fonctionnaire Jacques Chirac, et la reprise du travail s'effectue progressivement au début du mois de juin. La police et la gendarmerie évacuent au fur et à mesure les différents lieux occupés.
Dissolution de l'Assemblée nationale le 30 mai 1968 :
Les élections législatives de juin 1968 voient la très large victoire des gaullistes.
Le Général de Gaulle avait souhaité un référendum en mai 1968. Georges Pompidou avait plaidé et obtenu la dissolution de l'Assemblée nationale. De Gaulle ne renonce pas à son projet de référendum. Il perçoit que mai 1968 a mis en exergue un besoin de démocratie plus direct et plus proche du peuple. Il imagine de décentraliser certains lieux de décision et de refonder le Sénat en changeant profondément ses critères de recrutement. C'est l'objet de ce référendum. Il met tout son poids politique dans la balance en promettant de partir si les Français répondent « non ». Il perd ce référendum et part.

Les événements de mai 1968 marquent une division politique qui a des répercussions dans la société française. L'une des principales influences de la révolution de mai 68 est au niveau socio-culturel. D'une manière générale, on assiste à un désengagement des Français pour la sphère publique et politique et pour le militantisme en général.
De nouvelles valeurs apparaissent.
Le féminisme se développe, avec son mouvement le plus radical, le MLF, et joue un grand rôle dans l'implosion du militantisme traditionnel au profit de thèmes féministes comme l'autorisation de l'avortement, la remise en cause de la répartition des tâches dans le couple.
L'influence de Mai 68 est manifeste dans la pédagogie scolaire en France et tend actuellement à être remise en cause. Elle a aussi été à l'origine de la participation des élèves et des parents aux conseils de classe et de la redéfinition des réglements scolaires dans les établissements dès juin 1968. Enfin cette influence aura aussi des conséquences en 1973 dans des mouvements de remise en cause de l'armée et de la force de frappe nucléaire et d'une manière générale dans les mouvements écologiques et anti-militaristes et les fameuses ONG comme « Médecins Sans Frontières », directement issus de la prise de conscience planétaire des mouvements de Mai 68.

Publié dans le 20 eme siecle

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