le concorde

Publié le par henri

À la fin des années 1950, les entreprises aéronautiques britannique, française, américaine et soviétique veulent construire le premier avion civil supersonique.
Le français Sud Aviation et le britannique Bristol Aeroplane Company construisirent respectivement le Super-Caravelle et le Bristol 233. Ils étaient, par ailleurs, financés par leurs gouvernements respectifs, ceux-ci tenant à contrer la domination aérienne américaine. Dans les années 1960, les deux projets étaient déjà bien avancés, mais les énormes coûts de développement des appareils ont amené les États à faire collaborer les deux entreprises. Le développement du Concorde fut donc plus un accord international franco-britannique qu'un accord commercial entre les constructeurs. Le traité de coopération, dont les discussions ont duré environ un an, fut signé le 29 novembre 1962. British Aircraft Corporation (BAC) et Sud Aviation se partagèrent les coûts de l'appareil en lui-même, Rolls-Royce et SNECMA firent de même pour construire le réacteur dérivé de l'Olympus britannique et baptisé Olympus 593. Le consortium avait fixé des commandes pour plus de cent de ces nouveaux avions de ligne, dont les principales compagnies aériennes clientes de l'époque étaient Pan Am, BOAC, Air France et, qui commandèrent alors six Concorde chacun.
Le Concorde fit le premier test en vol au-dessus de Toulouse le 2 mars 1969, ce vol dura 29 minutes. Son premier passage supersonique se fit le 1er octobre de la même année, la vitesse de Mach 2 étant atteinte un an plus tard. Étant donné que le programme d'essais en vol se déroulait sans incidents, cette version de développement, appelée 001, commença les démonstrations destinées au grand public le 4 septembre 1971. Le 2 juin 1972, le second prototype 002 fit ses démonstrations dans le moyen et extrême Orient. Celles-ci amenèrent à un nombre assez important de commandes pour l'avion. Cependant, une combinaison de facteurs les difficultés financières des compagnies aériennes causa une baisse spectaculaire des commandes : Air France et British Airways restèrent les seuls acquéreurs.
Le Concorde reçoit son certificat de navigabilité le 10 octobre 1975.

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Caractéristiques
Longueur : 62,13 m
Hauteur : 12,22 m
Largeur fuselage : 2,87 m
Envergure : 25,56 m
Corde à l'emplanture : 31 m
Surface portante : 420 m²
Allongement : 1.56

Capacité marchande :
Nombre de sièges : de 1976 à 2001 : 100, à partir de 2003: 92
Volume des soutes : 19 m³

Masses :
Poids à vide : 79.3 t
Poids maximum au décollage : 185 t
Poids moyen à l'atterrissage : 105 t
Charge alaire maximale : 440 kg/m²

Motorisation :
4 moteurs Rolls-Royce/Snecma Olympus 593 mk610 14-28
Poussée : 4 X 17260 Kgp soit 69 040 Kgp au total
la postcombustion augmente la poussée de 17 %

Performances :
Distance de décollage : 3 200 m
Vitesse de décollage : 367 km/h
Vitesse d'atterrissage : 280 km/h
Distance d'atterrissage : 2 440 m
Vitesse de croisière maximale : Mach 2,04
Altitude : 52 000 à 60 000 pieds (15.8 à 18.3 km).
Distance franchissable : 6 300 km

Températures en vol :
Température de la peau en vol supersonique : 60°C
Température de la pointe avant en vol supersonique: 120°C environ
Allongement moyen de la cellule en vol supersonique : 0.20 m

Beaucoup d'améliorations technologiques très communes dans les avions de ligne du XXIe siècle furent utilisées pour la première fois avec Concorde.
Certaines de ces nouveautés technologiques avaient 20 ans d'avance.
Nombre de ces améliorations sont maintenant des équipements standards dans les avions de ligne actuels.
Les premiers associés, BAC (qui devint BAE Systems) et Aérospatiale (qui devint EADS), sont les co-propriétaires de Concorde. La responsabilité a été transférée à Airbus lorsque l'entreprise qui regroupe BAE Systems et EADS fut fondée.
L'entretien du Concorde avec les contraintes exigées, sécurité des vols, ponctualité, régularité vol en supersonique, pouvait être assimilé à l'entretien d'une Formule 1 donc gourmand en heures de main-d'œuvre et en pièces.
Les premiers vols commerciaux ont commencé le 21 janvier 1976 sur les trajets Londres-Bahreïn et Paris-Rio de Janeiro via Dakar et Paris-Caracas via les Açores.
Le congrès des États-Unis avait interdit l'atterrissage des Concorde sur le territoire des États-Unis à cause des manifestations de la population au sujet du « boom » supersonique. Ceci gêna les compagnies qui voulaient faire des trajets transatlantiques.
Lorsque l'interdiction fut levée en février de la même année, New York a immédiatement interdit le survol local au Concorde. Finalement, en 1977, la liaison Londres vers l'aéroport new-yorkais John-F.-Kennedy commença le 22 novembre 1977.
Jusqu'en 1983, les destinations pour Air France était : Rio de Janeiro, Caracas, Dakar, Washington, Dallas-Fort.Worth et New York.
A partir de 1983, la compagnie réduisit ses vols à la seule destination de New York.
Le 1er novembre 1986, un Concorde fit le tour du monde en trente et une heures et cinquante et une minutes.
Les compagnies Air France et British Airways ont, à partir de 1983, après l'arrêt des vols commerciaux autres que vers JFK, tenté de rentabiliser les avions.
Les équipes commerciales ont développés des vols à la demande pour les entreprises, mais aussi pour les agences de voyages des tours du monde et des vols liés à des évènements médiatiques ou autres.

À partir de 1981 jusqu'en 1995, après un voyage du Président de la République Française en Chine avec un avion subsonique, tous les voyages présidentiels lointains ont été effectués en Concorde. Celui-ci était aménagé en bureau et chambres à coucher dans la cabine avant, la cabine arrière étant réservée aux invités. Une photocopieuse était installée en cabine arrière.
Lors du passage du pape Jean-Paul II sur l'île de la Réunion le 2 mai 1989, un Concorde Air France (F-BTSC) fut affrété pour le transporter entre Saint-Denis de la Réunion et Lusaka (via Gillot).
le 25 juillet 2000, le F-BTSC du Vol 4590 Air France, charter à destination de New York, avec des passagers de nationalité allemande, décolle de l'aéroport Charles de Gaulle puis s'écrase deux minutes après le décollage sur un hôtel à la Patte d'Oie de Gonesse, provoquant la mort de 113 personnes : 100 passagers, 9 membres d'équipage et 4 personnes au sol.

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L'accident fut à l'origine de nouvelles modifications sur le Concorde. Les contrôles électriques furent améliorés, protection anti perforation en kevlar des réservoirs de carburant, montage de pneus plus résistants, fournis par Michelin qui développa les fameux pneus « NZG. Néanmoins le nombre de places à bord fut restreint d'une dizaine, rendant l'exploitation encore moins rentable. Les deux itinéraires furent rouverts le 7 novembre 2001.
Le 10 avril 2003 British Airways et Air France ont simultanément annoncé le retrait de leurs Concorde pour l'année suivante. Les raisons invoquées étaient la baisse du nombre de passagers depuis l'accident de Gonesse le 25 juillet 2000 et le coût élevé de maintenance.
Une enchère eu lieu chez Christie's à Paris le 15 novembre 2003. 1 300 personnes étaient présentes pour acheter des objets et des photos des moments importants de la vie du Concorde.
Il y eut par la suite une vente aux enchères des pièces d'un Concorde de British Airways qui se déroula le 1er décembre 2003 au centre d'exposition d'Olympia dans le quartier Kensington de Londres. Les articles vendus étaient hétéroclites et comprenaient un compteur de mach, le cône du nez, le siège du pilote de Concorde, des fauteuils de passagers et même des couverts, des cendriers et des couvertures utilisés à bord de l'appareil. Environ 1 129 000 euros ont été récoltés, dont 752 720 furent donné à l'association 'Get Kids Going!' qui donne aux enfants handicapés et aux jeunes l'occasion de faire du sport.
Seuls vingt Concorde furent construits, six pour le développement et quatorze pour les vols commerciaux.
Tous sauf deux ont été préservés, ce qui représente 90 % des appareils produits qui n'ont, pour l'instant, pas été détruits. En aéronautique, cela est très rare.
Cet avion reste un symbole fort de technologie ultra moderne malgré ses 34 ans, et nombreux sont ceux qui aiment ses formes sculpturales. La vitesse et les horaires de ont facilité certaines négociations diplomatiques. Dans des moments critiques pour la paix dans le monde, les diplomates et bien sûr Mr Kofi Annan, ex-secrétaire Général de l'ONU ont utilisé le Concorde dans les deux sens.
La réaction des gens contre la perspective d'importantes nuisances sonores dues aux vols a aussi représenté un changement social important. Avant les premiers essais en vol du Concorde, les nouveautés de l'industrie civile aéronautique étaient largement acceptées par les gouvernements démocratiques et leurs électeurs. Les protestations populaires (particulièrement sur la côte est des États-Unis) contre le bruit du Concorde ont marqué un point de rupture politique. Par la suite, les scientifiques et ingénieurs de domaines variés ont commencé à prendre en compte plus sérieusement les impacts environnementaux et sociaux de leurs innovations.
l'arrêt du Concorde marque un tournant dans l'histoire : pour la première fois, le temps de parcours s'allonge. Il faut désormais plus de 7 heures pour joindre New-York quand Concorde n'en mettait que 3 et demies.
En novembre 2003, la compagnie EADS qui codétient Airbus annonça qu'elle travaillait avec des compagnies aériennes japonaises pour développer un avion plus grand et plus rapide que Concorde.
Toujours au stade de l'étude, le supersonique franco-japonais qui devrait succéder au Concorde devrait transporter 250 personnes à Mach 1,8 et 23 000 mètres d'altitude, sur 13 000 kilomètres.

Publié dans le 20 eme siecle

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