verdun

Publié le par nc

Verdun est le lieu d’une des batailles les plus inhumaines à laquelle l’homme se soit livré. La bataille de Verdun fut une bataille qui dura du 21 février au 19 décembre 1916. Elle fit 500 000 morts, autant de chaque côté. Pour tous les belligérants, les hostilités commencées en 1914 devaient être de courte durée. Mais, les Allemands sont arrêtés sur la Marne. Alors une course à la mer s’engage. Finalement, le front se stabilise sur une ligne faisant 750 km, de la mer du Nord à la Suisse. Les armées s’enterrent. La guerre de mouvement est terminée .c’est le début de la guerre de position Pour le commandement français, dirigé par le général Joffre, la guerre de mouvement reste d’actualité. Le chef des armées prête toute son attention à la préparation d’une offensive importante sur la Somme. Il faut percer, reprendre la guerre de mouvement et en finir.

Verdun est un saillant des lignes françaises, cerné de plusieurs côtés, la Meuse compliquant la défense du secteur. Dans le saillant, se trouvent plusieurs forts dont ceux de Douaumont et de Vaux. Les canons des forts de Verdun sont retirés par décret du 5 août 1915, diminuant ainsi très fortement leur capacité opérationnelle. Joffre a besoin de ces canons pour l’offensive qu’il projette. De même, les garnisons occupant les forts sont réduites Le système de défense est lui aussi parfois ramené à une tranchée au lieu de trois. Les barbelés sont en mauvais état. Les effectifs sont réduits et moins organisés.

Pour ravitailler le secteur, il ne reste plus qu’une voie de chemin de fer reliant Bar-le-Duc à Verdun. il est impropre au transport de matériel lourd. Parallèlement au chemin de fer se trouve une route départementale que Maurice Barrès appellera « la voie sacrée ». Ce manque de voies de communication avec l’arrière rend encore plus fragile cette partie du front.Le général allemand Falkenhayn choisit donc Verdun pour sa vulnérabilité Les Allemands amassent face à Verdun quelques 1225 pièces d’artillerie de tout calibre dont 542 obusiers lourds. En moyenne, on peut compter un mortier rapide de 210 mm tous les 150m. Ils massent 72 bataillons d’infanterie dans des abris enterrés.

Tous ces préparatifs ne peuvent échapper à l’attention des défenseurs de Verdun qui ne manquent pas de rapporter le renseignement aux plus hautes instances militaires.Ainsi le Lieutenant-colonel Driant, commandant des 56e et 59e bataillons de chasseurs, profite de sa qualité de parlementaire pour attirer l’attention du commandement sur le secteur.Joffre envoie un détachement du génie, mais il est bien tard. Depuis la mi-janvier, les préparatifs allemands sont confirmés par les services de renseignements français, par la reconnaissance aérienne qui prend des photographies.Le lundi 21 février 1916 vers 7 heures, un obus de marine explose dans Verdun. C’est le début d’une bataille inhumaine opération baptisée Gericht  par les Allemands et qui va durer dix mois.Un déluge de fer et de feu s’abat sur un front de quelques kilomètres. Deux millions d’obus tombent sur les positions françaises en deux jours.

ce 21 février, soixante mille soldats allemands passent à l’attaque sur un front de six kilomètres. L’infanterie allemande effectue une progression limitée, aménage immédiatement le terrain afin de mettre l’artillerie de campagne en batterie. La portée ainsi augmentée, les canons allemands menacent directement les liaisons françaises entre l’arrière et le front. Les forces françaises sont écrasées par cette pluie d’acier. Mille deux cents hommes tombent. Il n’y aura que cent dix rescapés. Sur le reste du secteur, les défenses sont écrasées. En quelques heures, les massifs forestiers disparaissent, remplacés par un décor lunaire. Derrière le feu roulant, le 7e corps rhénan, le 18e hessois et le 3e brandbourgeois avancent lentement.Le fort de Douaumont est enlevé le 25 février par le 24e régiment brandbourgeois. Malgré tout, la progression allemande est très fortement ralentie. En effet, la préparation d’artillerie présente des inconvénients pour l’attaquant. Le sol, labouré, devient contraignant, instable, dangereux. Contre toute attente, les Allemands trouvent une opposition à leur progression. Des positions françaises disparues, surgissent des survivants. Une poignée d’hommes, souvent sans officiers, s’arment et ripostent. Les combattants français, dans un piteux état, résistent avec acharnement et parviennent à ralentir ou à bloquer l’avance des troupes allemandes. Un semblant de front est reconstitué. Les deux cent soixante dix pièces d’artillerie françaises tentent de rendre coups pour coups. Deux divisions françaises sont envoyées rapidement en renfort, le 24 février, sur ce qui reste du front. Avec les survivants du bombardement ils arrêtent la progression des troupes allemandes. C’est la fin de la première phase de la bataille de Verdun. les objectifs de Falkenhayn ne sont pas atteints.

Joffre nomme le général Pétain à la tête de la IIe armée et commandant en chef du secteur de Verdun. Dans un premier temps, le général Pétain réorganise la défense. Elle s’articule sur les deux rives de la Meuse. Une artillerie renforcée dans la mesure des disponibilités. Les forts sont réarmés. Les troupes se relaient pour la défense de Verdun. En juillet, soixante dix des quatre vingt quinze divisions françaises auront participé à la bataille.Dans un second temps, il réorganise la logistique. La seule voie de ravitaillement possible consiste en une voie ferrée sinueuse doublée d’une route départementale. La route ne fait que sept mètres de large et se transforme en bourbier dès les premières pluies. Sur ces cinquante six kilomètres de piste, va circuler une succession ininterrompue de camions roulants jour et nuit. Il y circulera plus de trois mille camions, un toutes les quinze secondes. Quatre vingt dix mille hommes et cinquante mille tonnes de munitions seront transportés chaque semaine. Des carrières sont ouvertes dans le calcaire avoisinant. Des territoriaux et des civils empierrent en permanence la route. Des milliers de tonnes de pierres sont jetées sous les roues des camions qui montent et descendent du frontUn règlement draconien régit l’utilisation de cette route. il réorganise l’artillerie. L’artillerie lourde restante est récupérée. Une formation autonome est créée directement sous les ordres du général Pétain. Cela permet de concentrer les feux sur les points les plus menacés. Ces changements apportés à cette partie du front font remonter le moral de la  Les Allemands attaquent autour du Mort-hommes, du côté de la rive gauche, du bois des Bourrus, du bois de Cumière et du bois des Corbeaux. Puis ils attaquent sur la rive droite autour du fort de Vaux, de la cote du Poivre et d’Avocourt. Ce sont à chaque fois des boucheries, pour les deux camps. Sur ces positions, l’armée française est impitoyablement usée et saignée à blanc. Nombreuses sont les unités qui doivent être entièrement reconstituées plusieurs fois de suite ou qui disparaissent.

Le 6 mars, les Allemands pilonnent et attaquent le Mort-homme sur la rive gauche. Mais le feu français les arrête. Cette "bataille dans la bataille" va durer jusqu’au 15 mars. Au cours de ces dix jours, le site est transformé en désert. Simultanément, le 7 mars, les Allemands lancent une offensive sur la rive droite, à partir de Douaumont. On se massacre dans les ruines de Douaumont qui est pris et repris 13 fois. Le saillant de Verdun se transforme en une boucherie.Le fer, le feu, la boue forment la triade infernale composant la vie du « poilu », mais aussi celle du « troufion » allemand.Pétain réclame des renforts à Joffre. Mais ce dernier privilégie sa future offensive sure la SommeLa 11e division bavaroise investit l’offensive générale allemande sur les deux rives de la Meuse est arrêtée par les Français. Au début de la bataille les forces françaises sont de 150 000 hommes. En avril les effectifs atteignent les 525 000 hommes. Joffre nomme Pétain chef du groupe d’armée centre et Nivelle à Verdun.

Ce dernier charge le général Mangin de reprendre le fort de Douaumont. La bataille s’engage par six jours de pilonnage du fort par les Français. L’infanterie prend pieds sur le fort le 22 mai, mais en est chassée le 24.Durant ce temps, 10 000 français tombent pour garder la côte 304 où les Allemands sont accrochés sur les pentes. L’artillerie, pièce maîtresse de ce champ de bataille, est toujours en faveur du côté allemand, 2200 pièces à ce moment à pour 1800 pièces côté français. Falkenhayn reprend l’offensive sur la rive droite de la Meuse. Sur un front de 6 km, les Allemands sont à 4 contre 1. À 3 km au sud-est de Douaumont se trouve le fort de Vaux. Il est défendu par une garnison de 600 hommes. L’eau, les vivres et l’artillerie sont en quantité insuffisantes. Après une intense préparation d’artillerie, le 1er juin, l’infanterie allemande se lance à l’attaque du fort. Le 2 juin, ils pénètrent dans l’enceinte. Les combats se livrent couloir par couloir. Il faut gazer la garnison pour la réduire. Une expédition de secours est anéantie le 6 juin. Finalement, le commandant Reynal, chef de la place, capitule. Les honneurs sont rendus par l’ennemi aux défenseurs de la place.Les Allemands sont tout proche de Verdun dont ils peuvent en voir le clocher.Le 18 juin Falkenhayn fait bombarder le secteur avec des obus au phosgène. Mais, les 70 000 Allemands doivent attendre que le gaz se dissipe pour attaquer. Ce temps précieux est mis à profit par les forces françaises pour renforcer la position. Lorsque l’assaut a lieu le 23 juin, les Allemands sont contenus.En effet, les alliés ont attaqués sur la Somme. Les Russes avancent sur le front oriental. Les Italiens font reculer les Autrichiens. Des troupes et de l’artillerie ont été ponctionnées sur le front de Verdun. Ces conditions rendent difficile la situation du commandement allemand pour  la poursuite des opérations à Verdun. Le 11 juillet, Falkenhayn lance une offensive. Elle bute sur le fort de Souville, à 3 km de la ville de Verdun. À ce moment, les Allemands perdent l’initiative. Du 21 au 24 octobre les français pilonnent les lignes ennemies. les Allemands évacuent Douaumont le 23 octobre. Les batteries ennemies repérées sont détruites par l’artillerie française. Puis, le 24 octobre, trois divisions françaises passent à l’attaque sur un front de 7 km. Douaumont est repris, 6000 Allemands sont capturés. Le 2 novembre, le fort de Vaux est évacué par les Allemands. À la mi-décembre, les troupes allemandes sont reconduites sur leurs positions de départ. Après dix mois la bataille est terminée.

Le gain en territoire conquis est nul. Après dix mois, la bataille aura coûté 377 000 hommes aux Français, 327 000 aux Allemands, 22 millions d’obus aux Allemands et 15 millions d’obus aux Français.


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