Turgot

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anne Robert Jacques Turgot, baron de Laune est né  le 10 mai 1727
Il est le plus jeune fils de Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands de Paris. Il est éduqué par l'Église, et à la Sorbonne, à laquelle il est admis en 1749. Il s'appelle alors l'abbé de Brucourt. Il se passionne pour la poésie et tente d'introduire dans la poétique française les règles de la prosodie latine.
En 1750, il décide de ne pas rentrer dans les ordres. En 1752, il devient substitut, et plus tard conseiller au Parlement de Paris, et, en 1753, maître des requêtes. En 1754, il fait partie de la chambre royale qui siège pendant un exil du Parlement. En 1755 et 1756, il accompagne Gournay, alors intendant de commerce, dans ses tournées d'inspection dans les provinces, et en 1760, pendant qu'il voyage dans l'est de la France et en Suisse, il rend visite à Voltaire, avec qui il se lie d'amitié. À Paris, il fréquente les salonset c'est pendant cette période qu'il rencontre les théoriciens physiocrates, Quesnay et Gournay, et avec eux Dupont de Nemours, l'abbé Morellet et d'autres économistes.

Parallèlement, il étudie les diverses branches de la science, et des langues à la fois ancienne et moderne.
En août 1761, Turgot est nommé intendant de la généralité de Limoges ou il resta 13 ans. Sa première idée est de continuer le travail, déjà commencé par son prédécesseur Tourny, de faire un relevé du territoire, afin d'arriver à une estimation plus exacte pour la taille. Il obtient également une large réduction dans la contribution de la province
c'est une taxe distributive que propose Turgot. Une autre idée est la substitution en ce qui concerne les corvées d'une taxe en monnaie levée sur la province entière, la construction de routes étant donnée à des contracteurs, ceci afin d'établir un réseau solide tout en distribuant plus justement les dépenses de sa construction.
il fait beaucoup pour encourager l'agriculture et les industries locales, entre autres les manufactures de porcelaine. Pendant la famine de 1770–1771, il applique aux propriétaires terriens l'obligation d'aider les pauvres et particulièrement leurs métayers, et organise dans tous les ateliers de la province des bureaux de charité pour fournir une activité à ceux capables de travailler, et un secours aux infirmes. Parallèlement, il condamne la charité non discriminatoire. On peut noter que Turgot fait des curés, quand il peut, les agents de ses charités et de ses réformes. C'est en 1770 qu'il écrit ses fameuses Lettres sur la liberté du commerce des grains adressées au contrôleur général des finances, l'abbé Terray.

Sa nomination comme ministre de la Marine en juillet 1774 est bien accueillie, notamment par les philosophes. Un mois plus tard, il est nommé contrôleur général des finances. Son premier acte est de soumettre au roi une déclaration de principes : pas de banqueroute, pas d'augmentation de la taxation, pas d'emprunt. La politique de Turgot, face à une situation financière désespérée, est de contraindre à de strictes économies dans tous les ministères. Toutes les dépenses doivent désormais être soumises pour approbation au contrôleur. Un certain nombre de sinécures sont supprimées, et leurs titulaires dédommagés. Les abus des « acquis au comptant » sont combattus, cependant que Turgot fait appel personnellement au roi contre le don généreux d'emplois et de pensions.
Il envisage également une grande réforme de la ferme générale
Turgot annule également certains fermages. Plus tard, il remplace le service de diligence par d'autres plus confortables qui sont surnommées. Il prépare un budget ordinaire.
Les mesures de Turgot réussissent à réduire considérablement le déficit, et améliorent tant le crédit national qu'en 1776, juste avant sa chute, il lui est possible de négocier un prêt à 4% avec des banquiers

Il supprime bon nombre d'octrois et de taxes mineures, et s'oppose sur la base des finances du pays à la participation de la France à la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique
Turgot immédiatement se met au travail pour établir le libre-échange dans le domaine des grains, mais son décret, signé le 13 septembre 1774, rencontre une forte opposition dans le Conseil même du roi. Turgot devient la cible de tous ceux qui ont pris intérêt aux spéculations sur le grain sous le régime de l'abbé Terray, ce qui inclut des princes de sang
le pire ennemi de Turgot s'avère être la médiocre moisson de 1774, qui mène à la hausse du prix de pain pendant l'hiver 1774 et le printemps 1775. En avril les perturbations surgissent à Dijon, et au début de mai ont lieu les grandes émeutes frumentaires qui peut être considéré comme le signe avant-coureur de la Révolution française. Turgot fait preuve d'une grande fermeté et d'un grand esprit de décision dans la répression des émeutes, et bénéficie du soutien de Louis XVI. Sa position est affermie par l'entrée de Malesherbes parmi les ministres en juillet 1775.

Turgot présente au Conseil du roi en janvier 1776 ses fameux Six Décrets de Turgot. Sur les six, quatre sont d'importance secondaire. Les deux qui ont rencontré une opposition violente sont le décret supprimant la corvée royale et la suppression des jurandes et maîtrises. Dans le préambule, Turgot annonce courageusement son objectif d'abolir les privilèges et de soumettre les trois ordres à taxation, le clergé en a ensuite été exempté, notamment à la demande de Maurepas.
Il obtient l'enregistrement des décrets par le lit de justice du 12 mars, mais à ce moment-là, presque tout le monde est contre lui. Ses attaques contre les privilèges lui ont gagné la haine de la noblesse et du Parlement ; sa réforme de la Maison du roi, celle de la Cour ; sa législation de libre-échange celle « des financiers » ; ses avis sur la tolérance et sa campagne contre les serments du sacre vis-à-vis des protestants, celui du clergé ; enfin, son décret sur les jurandes celui de la bourgeoisie riche de Paris et d'autres, comme le Prince de Conti, dont les intérêts sont engagés.
Turgot propose un système ou les propriétaires seuls doivent former l'électorat, aucune distinction étant faite entre les trois ordres. Les habitants des villes doivent élire des représentants par zone municipale, qui à leur tour élisent les municipalités provinciales, et ces dernières une grande municipalité, qui n'a aucun pouvoir législatif, mais doit être consultée pour l'établissement des taxes. Il faut y combiner un système complet d'éducation, et de charité visant à soulager les pauvres.
Louis XVI recule devant l'ampleur du plan de Turgot. Il reste à Turgot à choisir entre une réforme superficielle du système existant et une réforme totale des privilèges

Avec tous ces ennemis, la chute de Turgot est certaine, mais il tente de rester à son poste assez longtemps pour finir son projet de la réforme de la Maison du roi, avant de démissionner. Cela ne lui est même pas accordé : le 12 mai, on lui a ordonne d'envoyer sa démission. Il se retire dès le 13 mai 1776, partant pour La Roche-Guyon au château de la duchesse d'Enville, puis retourne à Paris, où il consacre le reste de sa vie aux études scientifiques et littéraires.
Il meurt le 18 mars 1781

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