Jacques Necker

Publié le par nc

L'image “http://cepa.newschool.edu/het/profiles/image/necker.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Jacques Necker était le deuxième fils de Charles Frédéric Necker, avocat à Küstrin, en Poméranie, devenu citoyen de la République de Genève le 28 janvier 1726

Il entreprend une carrière dans la banque où il débute comme simple commis à Genève tout d'abord, puis à Paris, où il tient les livres de compte. Il révèle toutes ses compétences lorsqu'un jour il est chargé de négociations à la bourse lors d'une opération majeure. Il la mène à bon terme, s'éloignant même des instructions laissées, et procure à cette maison un bénéfice de 500 000 livres. Ce jour-là il acquiert la confiance des banquiers et il devient associé en 1756 au sein de la banque Thellusson, Vernet et Necker.
En 1762, Georges-Tobie de Thellusson propose à Jacques Necker de devenir son associé pour moitié, après le départ de son oncle. Ils créent ainsi la banque Thellusson, Necker & Cie
Ils font rapidement fortune en spéculant sur les effets du Trésor français et sur les fonds anglais au moment de la paix de 1763, dont ils ont été instruits d'avance, en spéculant sur les blés et en prêtant au Trésor public. À plusieurs reprises, notamment en 1772, Necker avance des sommes importantes au Trésor royal, ce qui lui vaut d'être remarqué par Choiseul et par l'abbé Terray.
En 1772 Jacques Necker cède toutes ses affaires à son frère Louis. Sa réussite éclatante comme banquier lui a permis d'accumuler en peu de temps une fortune considérable

En 1764, Necker épouse une fille de pasteur, Nommé ministre de la République de Genève à Paris, il songe à se consacrer à la politique, encouragé en cela par sa femme. Après son retrait des affaires, il publie un Éloge de Colbert, couronné par l'Académie française, dans lequel il dresse un portrait du ministre idéal où l'on peut sans peine le reconnaître. Le 19 avril 1775, il publie son Essai sur la législation et le commerce de grains, dans lequel il dénonce la liberté du commerce des grains
L'ascension de Necker est soutenue activement par les habitués du salon de Mme Necker et, plus largement, par le parti philosophique, dont Necker a embrassé plusieurs des doctrines : dans l’Éloge de
Le décès du contrôleur général Clugny de Nuits, qui a succédé à Turgot, donne à Necker l'occasion d'accéder au gouvernement. Étant protestant, il ne peut être nommé contrôleur général des finances car cette fonction emporte de droit l'accès au Conseil. Le 22 octobre 1776, à quarante-quatre ans, il est donc nommé conseiller des Finances et directeur général du Trésor royal.

Arrivé au ministère, Necker engage immédiatement d'importantes réformes, mais de manière beaucoup moins brutale et précipitée que Turgot. Ces réformes se situent à la fois sur le plan administratif, sur le plan social et sur le plan financier.
Sur le plan administratif, Necker renforce le pouvoir du contrôle général des finances et le fonctionnarise
Il réduit la compétence de la ferme générale à la gabelle, au tabac, aux droits des traites et des entrées de Paris, et réduit de 60 à 40 le nombre des fermiers généraux. La perception des droits d'aides relève désormais d'une Régie générale et celle des droits domaniaux d'une administration générale des domaines, dirigées par des administrateurs à traitement fixe.
Tout en renforçant le pouvoir de l'administration, Necker s'efforce parallèlement d'en diminuer l'arbitraire. Il crée un comité contentieux des finances pour préparer les arrêts de finances, qui, quoique présentés sous le couvert d'arrêts du Conseil, avaient depuis longtemps cessé de faire l'objet d'une délibération collective et étaient en réalité l'œuvre des intendants des finances.
Afin de limiter le pouvoir extra-judiciaire des parlements, tout comme celui des intendants, Necker crée des assemblées provinciales. À la différence de celles que Turgot avait imaginées, ces assemblées reposent sur la distinction des trois ordres. Elles ont compétence pour répartir et lever les impôts, diriger la construction des routes et faire au Roi des représentations en vue du bien de la province. Quatre sont établies
Necker cherche enfin à introduire de la transparence dans le fonctionnement de l'État. C'est dans cet esprit qu'il publie en janvier 1781 son célèbre Compte-rendu au Roi, dans lequel il détaille le fonctionnement des finances royales, les principes de son administration et la situation financière du pays.
Il met en place une commission des hôpitaux de Paris et une commission de réforme des prisons. Celles-ci jettent les bases de réformes ambitieuses de ces institutions, qui reçoivent un début de mise en œuvre
création fin 1778 du nouvel hospice des paroisses Saint-Sulpices et du Gros-Caillou, grâce à la générosité de Mme Necker.
En 1779, Necker abolit la mainmorte dans les domaines du Roi et les domaines engagés. Un édit de 1780 autorise les hôpitaux à vendre leurs biens immobiliers et les invite à placer leurs fonds en rentes sur le Roi ou les états.
La nomination de Necker au ministère avait été précipitée par la nécessité de financer la guerre d'Amérique, dont les préparatifs avaient débuté en juin 1776. Guerre coûteuse, à la fois maritime et terrestre, sur des théâtres d'opérations lointains, elle absorbait dès 1777 150 millions de secours extraordinaires, et l'on estime qu'elle coûta au total à la France près d'un milliard de livres.
En matière financière, la politique de Necker tient en peu de principes. Il estime que l'État peut emprunter autant qu'il désire dès lors que le budget ordinaire est équilibré. Comme il est hors de question d'augmenter les impôts, à la fois par politique et par principe, il faut en améliorer le rendement et réduire les dépenses.
Pour y parvenir, les mesures prises sont des plus classiques : réduction des dépenses de la Maison du Roi, révision des pensions pour pourchasser les cumuls et les abus, vérifications des déclarations de revenus et révision des abonnements des pays d'états, qui produisent un revenu supplémentaire de 1,6 million de livres.

http://www.probertencyclopaedia.com/j/Jacques%20Necker.jpg

Pour financer l'effort de guerre, Necker emprunte des sommes considérables, environ 530 millions de livres, à des taux élevés car le crédit de l'État est alors au plus bas
Necker s'est fait de nombreux ennemis : en s'attaquant à la ferme générale, il s'est mis à dos le monde de la finance ; ses assemblées provinciales lui ont aliéné les parlements ; la réduction des dépenses de la Cour, dénoncées avec complaisance dans le Compte-rendu au Roi de janvier 1781, lui a également créé de nombreux et puissants adversaires.
À la fin du mois d'avril, le Parlement de Paris refuse d'enregistrer l'édit de création d'une nouvelle assemblée provinciale en Bourbonnais.
Le 16 mai, Necker, cherchant à forcer le destin, demande au Roi l'enregistrement forcé de l'édit, son entrée au Conseil et la direction des marchés de la Guerre et de la Marine. Trois jours plus tard, Louis XVI oppose à ces trois demandes un refus catégorique. Necker, effondré, démissionne aussitôt. La nouvelle provoque la consternation dans Paris : les habitants de la capitale se pressent au château de Saint-Ouen, résidence de campagne de Necker.
Necker se retire à Saint-Ouen. Il séjourne en Suisse en 1784, pour faire faire des travaux dans son château de Coppet et voyage en France en 1785.

En 1787, Calonne, devant l'Assemblée des notables, accuse Necker d'avoir trompé l'opinion en publiant de faux renseignements dans son Compte-rendu au Roi : selon lui les comptes de l'année 1781, loin de révéler un excédent, comme Necker l'avait affirmé, accusaient en réalité un déficit de 50 millions. Necker répliqua en contestant les chiffres de Calonne. Cette réponse lui valut d'être exilé hors de Paris et fut à l'origine d'un vif débat public entre les deux hommes.
Après l'échec de l'expérience Calonne, la monarchie se trouve en état de faillite virtuelle. La nécessité de trouver des fonds contraint alors Louis XVI à rappeler Necker, qui est nommé directeur général des finances le 25 août 1788. Deux jours plus tard, Necker reçoit le titre de ministre d'État qui lui donne accès aux Conseils.
Cette position nouvelle, en même temps que les circonstances, lui permettent de jouer un rôle politique de premier plan. C'est lui qui fait rappeler le Parlement de Paris, dont les membres avaient été exilés. Il avance la date de convocation des États généraux. Il réunit une nouvelle Assemblée des notables, pour statuer sur les modalités de l’élection des députés, notamment la question du vote par tête ou par ordre, qui ne fut pas tranchée, et celle du doublement de la représentation du tiers état.
face à une grave pénurie de blé, Necker abroge les mesures libérales prises par Loménie de Brienne en matière de commerce des grains : il interdit l’exportation des céréales ainsi que l’achat des grains en dehors des marchés ; il fait acheter des grains à l’étranger, accorde des primes aux importations et donne aux autorités de police les pouvoirs nécessaires pour approvisionner les marchés.
En matière financière, Necker révoque la cessation des paiements décrétée par Brienne et utilise des expédients pour réunir les 70 millions nécessaires pour assurer les paiements jusqu’à la réunion des États généraux.
À l'ouverture des États généraux, le discours de Necker, centré sur les questions financières alors que les députés n'ont en tête que la question du vote, est mal accueillie. Necker refuse d’assister à la séance royale du 23 juin 1789 dans laquelle Louis XVI fixe les limites des concessions qu’il est prêt à accorder aux députés du tiers état. S'apprêtant à prendre des mesures de fermeté à l'égard de l'Assemblée nationale, le Roi congédie Necker le 11 juillet. Le ministre quitte aussitôt la France et rejoint Bruxelles puis Bâle. Une fois connu, ce renvoi est l'une des causes déterminantes du soulèvement populaire du 14 juillet.

Dès le 16 juillet 1789, Louis XVI doit se résoudre à rappeler Necker. Celui-ci prend alors le titre de Premier ministre des finances. Rapidement, il s'oppose à l'Assemblée constituante, et notamment à Mirabeau. Les députés récusent les propositions financières de Necker, fondées sur ses méthodes traditionnelles d'anticipations et d'emprunts, tandis que Necker s'oppose au financement du déficit par l'émission d'assignats. Necker démissionne le 3 septembre 1790.
Après sa démission, Necker se retire en Suisse au château de Coppet, où il continue d'écrire plusieurs ouvrages. Il meurt le 9 avril 1804.

Publié dans biographie

Commenter cet article