la fuite a varennes

Publié le par nc

Au soir du 20 juin 1791, des ombres se glissent hors des Tuileries et
montent discrètement dans un fiacre. Nul ne reconnaît sous leurs déguisements le
roi et la reine, Madame Elisabeth, le dauphin et sa sœur, qu'accompagne Mme de Tourzel. Le Suédois Axel de Fersen, qui joue le rôle de cocher, va conduire la
famille royale jusqu'à la barrière Saint­Martin, où attend une grosse berline.
Le roi n'ignore pas les dangers que lui et les siens courent à Paris. Il garde, d'autre part, l'arrière-pensée de faire appel aux forces étrangères pour rétablir l'ordre ancien et désire se rapprocher des frontières. Enfin, hostile à la Constitution civile du clergé, qu'il a été
contraint de signer, il a été outré, à Pâques, de ce que la foule l'ait empêché
de se rendre à Saint-Cloud, où il voulait assister à une messe dite par un
prêtre réfractaire. Refusant d'être prisonnier des Parisiens, il a donc décidé
d'aller rejoindre dans l'Est l'armée du marquis de Bouillé
Maintenant, la berline roule vers Montmédy, mais elle prend, dès le
début, des retards énormes sur l'horaire prévu: les hommes de Bouillé, las
d'attendre, ne se trouveront plus au rendez-vous fixé. A Sainte-Menehould, le
fils du maître de poste Drouet reconnaît le roi: il prend aussitôt un chemin de
traverse et rejoint la berline à Varennes, où il fait arrêter les fugitifs par
l'épicier Sauce, procureur de la Commune.  a petite ville est pleine de patriotes et les hussards de Bouillé ne veulent intervenir
A Paris, l'Assemblée, prévenue par un exprés, envoie trois commissaires,
à la rencontre des prisonniers. Après une triste nuit dans, ceux-ci remontent en voiture. Le retour est un calvaire: sous une chaleur torride, on avance lentement, et des braillards, accrochés aux portières, injurient le roi. Après deux étapes à Châlons et à Meaux, le cortège atteint Paris, dans un silence lourd de menaces.
Des ordres ont en effet été donnés
Malgré les républicains qui réclament la déchéance, l'Assemblée vote l'irresponsabilité du fugitif, prétendument «enlevé des Tuileries». Furieux de cette fiction, les patriotes
vont manifester leur mécontentement: le 17 juillet une pétition déposée au Champ-de­Mars demande la mise en accusation de Louis XVI. L'affaire se termine
par une fusillade meurtrière, ce qui accroît les rancœurs. L'évasion manquée du
roi va hâter la marche de la Révolution.

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